SOMMET SUR LE DÉSARMEMENT LES MILITAIRES: LA BALLE EST DANS LE CAMP DES POLITIQUES – Ivoir' Press
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SOMMET SUR LE DÉSARMEMENT LES MILITAIRES: LA BALLE EST DANS LE CAMP DES POLITIQUES

SOMMET SUR LE DÉSARMEMENT LES MILITAIRES: LA BALLE EST DANS LE CAMP DES POLITIQUES
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•Les signataires des différents accords convoqués demain par le Président
Sortie de crise
À l’issue de la réunion d’hier à Yamoussoukro pour mieux négocier le rendez-vous du 15 octobre, les militaires ont démontré une fois leur volonté d’aller à la paix. Les politiques sont restés dans leurs calculs

Y a-t-il une solution politique à un coup d’Etat manqué? Cette interrogation de Pat Sako, chanteur zouglou, peut aujourd’hui interpeller tous les Ivoiriens et les acteurs de la crise armée ivoirienne. Hier, après un véritable parcours du combattant, la montagne a accouché d’une souris. Car, demain encore, il est prévu une autre rencontre entre le Chef de l’Etat et les dix forces politiques signataires des accords de Linas-Marcoussis et d’Accra, à Abidjan, pour trouver des solutions à des préoccupations politiques qui sont en suspens. A cet effet, le Chef de l’Etat a insisté auprès du Premier ministre afin que l’aile politique de la rébellion participe à cette rencontre de la dernière chance.

Car, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) n’ont pas mis en cause le principe du désarmement prévu pour le 15 octobre. “Théoriquement le 15 octobre n’est pas remis en cause parce que les militaires ont réaffirmé leur engagement”, a commenté Affi N’Guessan, président du FPI. “Les Forces de défense et de sécurité et les Forces armées des Forces nouvelles ont encore pris l’engagement de faire en sorte que la guerre soit un triste souvenir”, a confirmé le prof. Djédjé Mady, secrétaire général du PDCI-RDA. Mais les ex-belligérants ont exprimé des préoccupations qui sont de divers ordres: l’instauration d’un climat de confiance pour dissiper les doutes et les inquiétudes des populations, la restructuration des Armées pour réintégrer dans les forces armées nationales les éléments des FAFN, la récession économique exacerbée par la psychose et la fébrilité provoquées par la date du 15 octobre, la sécurité des populations et de leurs biens.

Mais nul n’a été dupe. Le volet politique reste l’élément capital de leurs révendications. “La demande des ex-belligérants c’est de faire en sorte que le contexte politique se prête au déroulement technique de ce qu’ils ont à faire. Ils ont donc demandé aux politiques de jouer leur partition”, a renchéri le secrétaire général du PDCI. Quant au président du FPI, il espère que “cette rencontre au niveau politique favorisera le démarrage du processus, le 15 octobre”. A cet effet, les ex-belligérants ont demandé au Chef de l’Etat de peser de tout son poids “afin d’accélérer la réalisation du processus de paix et la réalisation des problèmes y afférents”. Le Chef de l’Etat a donné sa réponse. Il a déclaré que l’article 35 de la Constitution sera soumis à référendum quel que soit le sort que les parlementaires vont lui réserver. C’est-à-dire que si les 2/3 des députés ne votaient pas pour son amendement, il prend sur lui de le soumettre à la votation populaire. Quant aux autres textes issus de Linas-Marcoussis, il s’est déclaré impuissant à imposer un mandat impératif à la représentation nationale. De ce fait, les politiques se retrouvent demain au Palais présidentiel pour accorder leurs violons.

Cela ne fut pas chose aisée hier à Yamoussoukro. Quand le Chef de l’Etat effectuait son entrée dans la salle de conférence du 4ème étage de la Fondation Houphouët-Boigny, cela faisait exactement 7h 15 mn que les travaux auraient dû commencer. C’est, en effet, à 11h qu’était prévue la rencontre censée harmoniser les positions avant la date fatidique du 15 octobre, pour prendre fin à 15h 30.

Mais après deux heures environ d’attente vaine, les participants ont été invités à regagner leurs hôtels à 13h 15 pour revenir à 15h/ Car, l’avion de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) qui devrait convoyer les membres des Forces nouvelles dans la capitale politique, a eu des ennuis techniques qui l’ont contraint à retourner à sa base d’Abidjan après environ une heure de vol. C’est donc en début d’après-midi que les éléments des FAFN ont rallié Yamoussoukro.

Les tractations et autres concertations souterraines pouvaient alors commencer pour lever les obstacles et les incertitudes qui planaient sur le début du processus de désarmement. C’est ainsi que dès son arrivée, à 15h 55 à la Fondation, le Chef de l’Etat a eu, dans une salle attenante, une séance de travail de deux heures avec les ex-belligérants, en présence du Premier ministre et des ministres de la Défense et de la Sécurité intérieure. Les militaires des deux camps sont restés fermes sur leur volonté de respecter l’armistice du 4 juillet 2003. Ils ont mis les politiques devant leurs responsabilités pour leur dire que la balle de la sortie de crise est dans leur camp. Rendez-vous a été pris pour demain.

Le bal masqué

L’aile politique de la rébellion armée a brillé par son absence. Elle s’est inscrite dans sa logique. Subordonnant le désarmement aux réformes politiques devant faire sauter le verrou constitutionnel, elle a exprimé son opposition au processus de désarmement. Soro Guillaume et ses amis des Forces nouvelles n’ont cure ni de l’accord d’Accra III, ni du communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU et des chefs de mission de l’Union européenne à Abidjan qui chantent à l’unisson pour le désarmement des combattants sans conditions préalables, au plus tard le 15 octobre.

Le PDCI-RDA, le RDR, l’UDPCI et le MFA sont, de leur côté, dans un bal masqué. Ils n’ont pas été jusqu’au bout de leur logique. Ces partis, membres du “G7” comme les Forces nouvelles, ont répondu présent, alors qu’ils soutiennent l’aile politique qui a refusé d’adhérer au processus. Le dimanche, ils ont annoncé l’échec d’Accra III et ils en ont imputé la responsabilité au Président Laurent Gbagbo et au FPI. Sans compter qu’ils sont parvenus à la même conclusion que Soro Guillaume: pas de désarmement sans réforme politique.

échos de Yamoussoukro
• Dix-sept ministres du gouvernement de réconciliation ont participé aux travaux. Il s’agit de Monnet Léon Emmanuel, Amani N’Guessan Michel, Mme Ohouochi Yapi Clotilde, Abouo-N’Dori raymond, Assoa Adou, Alphonse Douati et Dano Djédjé Sébastien (pour le FPI), Mme Henriette Diabaté, Amadou Gon Coulibaly, Amadou Soumahoro, Ahmed Bakayoko et Zémogo Fofana (pour le RDR), Mabri Toikeuse et Kahé Eric (pour l’UDPCI), Issa Diakité (pour le MPCI), Britto Nama Boniface (pour le PDCI) et de Mme Victorine Wodié (pour le PIT).

• Le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, a eu une longue séance de travail avec des éléments des Forces armées des Forces nouvelles conduits par le commandant Dély Gaspard. Les débats ont été menés dans un climat détendu.

• Les délégations

• FPI: Affi N’Guessan Pascal et Martin Sokouri Bohui

• PDCI-RDA: Alphonse Djédjé Mady et Noël Némin

• RDR: Abdou Touré et Adama Bictogo

• UDPCI: Paul Akoto Yao et Alassane Salif N’Diaye

• MFA: Joel N’Guessan et Mme Poaty Chantal

• UDCY: Gnanzi Anicet et Max Bolou

• PIT: Francis Wodié et

Andoh Jacques

• Les Forces nouvelles

(MPCI, MJP et MPIGO)

étaient absentes

De notre envoyé spécial à Yamoussoukro

Auteur: Bi Bally Maurice FERRO
Fratmat – 12/10/2004

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