SOMMET EXTRAORDINAIRE DE YAMOUSSOUKRO MILITAIRES-POLITIQUES : FACE À FACE DE VÉRITÉ – Ivoir' Press
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SOMMET EXTRAORDINAIRE DE YAMOUSSOUKRO MILITAIRES-POLITIQUES : FACE À FACE DE VÉRITÉ

SOMMET EXTRAORDINAIRE DE YAMOUSSOUKRO MILITAIRES-POLITIQUES : FACE À FACE DE VÉRITÉ
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Désarmement
À l’approche du 15 octobre, les Ivoiriens sont partagés entre l’espoir et l’angoisse. Les militaires vont vite quand les politiques traînent les pas

Ce qui attend Fanci, Licorne, Forces nouvelles et Casques bleus
Il n’y a pas de doute. La guerre sera définitivement un lointain cauchemard pour la Côte d’Ivoire après le dépôt des armes qui ont endeuillé le pays et affaibli considérablement l’économie ivoirienne. Mais tous, acteurs et observateurs avisés de la crise ivoirienne, sont convaincus que le désarmement n’est ni une action ponctuelle, ni un exercice d’un seul groupe d’individus. Ce qu’il nous est donné de voir depuis la mise en œuvre des solutions à la crise, c’est que le désarmement va même au-delà du dépôt des armes de façon “ concomitante ” des “ forces en présence ”. C’est beaucoup plus une action concertée où Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) et Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) sont accompagnées par les militaires français de l’Opération Licorne et les Casques bleus de l’Onu.

• Les Fanci

Pendant longtemps, l’idée de désarmer les Fanci a choqué plus d’un Ivoirien. On peut affirmer que la situation n’a pas beaucoup évolué dans l’opinion publique ivoirienne. “ On ne désarme pas une armée républicaine ”, disent ces Ivoiriens. L’Accord de Marcoussis, la “ bible ” du dénouement de la crise, signé en janvier 2003 en France, reste cependant très évasif sur la question. Au point VII du programme du gouvernement de réconciliation nationale suggéré et annexé à l’Accord, il est en effet écrit : 1- Dès sa prise de fonctions, le gouvernement de réconciliation nationale entreprendra le processus de regroupement concomitant des forces en présence sous le contrôle des forces de la CEDEAO et des forces françaises. 2- Dans une seconde phase, il déterminera les mesures de désarmement et de démobilisation, qui seront également menées sous le contrôle des forces de la CEDEAO et des forces françaises. 3- L’ensemble des recrues enrôlées depuis le 19 septembre seront immédiatement démobilisées.

4-Le gouvernement de réconciliation nationale assurera la réinsertion sociale des militaires de toutes origines avec l’appui de programmes de type Désarmement Démobilisation,

Rapatriement, Réinstallation, Réinsertion (DDRRR) susceptibles d’être mis en oeuvre avec l’appui des partenaires de développement internationaux.

La réalité sur le terrain, c’est que la force régulière ivoirienne a participé jusque-là à toutes les rencontres portant sur le désarmement. Au terme de la dernière réunion quadripartite (Fanci, Fafn, Licorne et Onu), le Colonel Philippe Mangou, Commandant du théâtre des opérations, a signé au nom des Fanci, “ la déclaration conjointe de Yamoussoukro ”. Cette déclaration signée avec les éléments militaires des Forces nouvelles affirme dès le premier point : Le 15 octobre 2004, le processus DDR débutera par les opérations de regroupement en zone est (Bondoukou, Bouna), suivies ultérieurement des zones ouest (Guiglo, Man, Daloa, Séguela) et centre (Bouake, Yamoussoukro), pour la première phase.

• Les Fafn

La force militaire de l’ex-rébellion se retrouve également dans le texte de Marcoussis. Dans le compromis de la capitale ghanéenne signé le 30 juillet dernier, les choses restent encore trop générales. En son point 9, l’Accord d’Accra III indiquent : Les parties se sont engagées à commencer le DDR au plus tard le 15 du mois d’octobre 2004. Le processus sera conduit sur la base d’un calendrier spécifique en conformité avec les dispositions pertinentes de l’Accord de Linas- Marcoussis et les décisions adoptées à cet effet à Grand-Bassam et à Yamoussoukro. Le processus de DDR concernera tous les groupes paramilitaires et de milices…

La dernière intervention du Conseil de sécurité des Nations unies se veut toutefois plus précise. L’ONU a en effet demandé aux Forces nouvelles de désarmer “ sans condition ”, à partir de la date du 15 octobre conformément à l’Accord d’ Accra III. Le 30 septembre dernier, le commandant de la zone nord, Yssouf Diarrassouba, nous déclarait à Man : “ Nous sommes prêts à désarmer, mais il faut des moyens. Sans moyens, comment allons-nous réussir le regroupement et le cantonnement ? ” Quand Chérif Ousmane, Commandant de la zone sud et véritable figure de proue des ex-rébelles, affirmait : “ Nous sommes prêts à remplir notre part d’engagement ”.

• Licorne et Casques bleus

Bâtie autour du 43e bataillon d’infanterie et de marine (Bima), la Licorne revendique aujourd’hui plus de quatre mille soldats. Soit environ huit fois l’effectif du 43e Bima d’avant la guerre. L’une des missions principales de l’ “ Opération Licorne ” a été de servir de force d’interposition entre les belligérants. Après la conclusion de l’Accord de Marcoussis, la Licorne est associée aux six mille casques bleus onusiens pour former ce qu’on appelle “ les forces impartiales ”. C’est donc environ onze mille soldats étrangers dont la mission est contenue dans la résolution 1528 du Conseil de sécurité. Il s’agit d’assurer la liaison avec les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) et les éléments militaires des Forces nouvelles afin de promouvoir, en coordination avec les forces françaises, le rétablissement de la confiance entre toutes les forces ivoiriennes en présence…Mais avant, le Conseil de sécurité dans la même résolution instituant les Casques bleus dit que ces deux forces doivent observer et surveiller l’application du cessez-le feu global du 3 mai 2003, et enquêter sur les éventuelles violations du cessez-le feu. Concernant précisément le désarmement, les généraux Henri Poncet (Licorne) et Abdoulaye Fall (Casques bleus) déclarent toujours être en “ accompagnement ” des parties ivoiriennes qui “ ont accepté volontairement de désarmer ”. Un accompagnement qui pourrait être résumé en ces termes : Assurer la garde des armes, minutions et autres matériels militaires remis par les ex-combattants, et mettre en sûreté, neutraliser et détruire ces matériels. C’est en tout cas ce que dit la résolution 1528, sur la question du dépôt des armes.

Il est clair qu’il y a d’autres intervenants, pour aboutir à une Côte d’Ivoire non partitionnée. Les problèmes politiques pour lesquels les Forces nouvelles disent avoir pris les armes constituent une partie importante de ce processus DDR. Ceux qui les expriment ou qui les discutent sont les mêmes qui tiennent les armées. C’est pourquoi, Fanci et Fafn ont demandé à rencontrer le chef de l’Etat et les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis. Avant ces échanges, les belligérants ont croisé la Commission nationale du DDR à Yamoussoukro. A cette séance, il s’est agi d’entendre le président de la CNDDR, Alain Donwahi, sur le bilan de ses actions et obtenir de lui des garanties pour la suite. Notamment pour le démarrage effectif de la phase pratique du désarmement à partir du 15 octobre.
Par Barthélemy Kouamé

Les ivoiriens entre espoir et angoisse
Le désarmement est inscrit au chapitre 7 de l’accord de Marcoussis. Cependant ledit accord note que ce septième point devra être exécuté aussitôt après la constitution du gouvernement de réconciliation. Plutôt que de réaliser ces deux obligations selon l’esprit et la lettre de Marcoussis, c’est une guerre farouche d’interprétation que les signataires du compromis politique supposé apporter la paix aux Ivoiriens ont servie au peuple de Côte d’Ivoire. Et cela a duré plus d’un an avant qu’Accra III ne vienne rectifier et préciser l’accord de la banlieue parisienne qui n’était nullement assorti d’un chronogramme et privilégiait ainsi le flou artistique. Ce sommet de la dernière chance a eu le mérite d’indiquer pour la première fois la date du début du désarmement : le 15 octobre 2004. Cette date butoir par son importance rappelle aux Ivoiriens fatigués de la crise et surtout de cette situation de ni paix ni guerre qui voit l’économie de leur pays s’étioler et son développement en déliquescence, la date du 7 août 1960 où fut proclamée l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Car pour eux, le désarmement, pour un pays coupé en deux, est une vraie libération. Toutefois, à l’approche de cette date fatidique, les Ivoiriens sont plus gagnés par l’inquiétude, la peur et même l’angoisse plutôt que par la confiance. Et ils saisissent plusieurs tribunes, imaginent plusieurs stratégies pour porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, les sentiments profonds que vivent les populations.

Le 7 octobre dernier, les forces politiques et sociales ou la galaxie patriotique et le Front populaire ivoirien se sont retrouvés dans une sorte de forum pour dire leurs attentes et leurs inquiétudes par rapport à la date du 15 octobre qui doit consacrer le début du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants. Pour le président du Front populaire ivoirien qui avait eu l’initiative de ce rassemblement, M. Pascal Affi N’guessan, le 15 octobre est un moment important, l’épilogue de la crise et de toutes les humiliations subies. L’usufruit des nombreuses concessions faites par le pouvoir et le peuple de Côte d’Ivoire. Ce rendez-vous qui doit restaurer la démocratie, donner un nouvel envol au développement économique du pays grâce à la réunification qui va favoriser le retour de la confiance, de la sécurité et donc de la reprise des activités économiques, ne doit pas être, pour le forum des forces politiques et sociales qui ont très tôt pris le parti de la défense de la République, celui des fausses promesses et des faux espoirs. Ils ont décidé pour leur part de ne rien faire pour perturber le succès de cette opération et de sensibiliser leurs militants et partisans afin de garder leur sérénité tout en restant mobilisés et de faire confiance à la communauté internationale et à la CEDEAO qui ont convenu de cet important rendez-vous pour le pays. Ils ont cependant, au regard de ce qui leur a été donné de vivre pendant la gestion de la crise et du processus de paix issu de Marcoussis, marqué un certain scepticisme. En préjugeant de la mauvaise foi des rebelles et de certains de leurs appuis au niveau de la sous-région et de la communauté internationale qu’ils aviseraient à tout moment si le délai du 15 octobre n’était pas respecté. Pour eux comme pour de nombreux Ivoiriens et notamment les femmes du Front populaire ivoirien qui, déjà le 6 octobre, s’étaient prononcées en faveur du désarmement, le 15 octobre est le jour de la libération de la Côte d’Ivoire. Et ils n’ont pas manqué de reprendre une boutade du vieux “ Vis-à-vis ” qui fait recette en ce moment : “ le 15 octobre est le jour du jour de la Côte d’Ivoire ” comme pour signifier qu’il ne saurait y avoir d’alternative à cette date pour que l’opération démarrage. Le bouillant secrétaire général de la centrale syndicale DIGNITE a mis en garde les parrains de l’accord d’Accra III et ceux qui doivent accompagner la Côte d’Ivoire pour le désarmement contre tout tripatouillage politique. Il ne voudraient pas qu’en lieu et place du début du désarmement, on vienne faire un désarmement symbolique comme avec le Premier ministre et la déclaration du 4 juillet et que l’on fasse perdurer les souffrances des populations. Le SYNARES, par la voix de son représentant, M. Assi, a prévenu qu’en cas de tergiversation, pas un seul ministre du “ G7 ” ne serait plus libre de ses mouvements alors que le président des Agoras et parlements de Côte d’Ivoire, M. Idriss Ouattara, promet une véritable ébullition dans les quartiers d’Abidjan et à l’intérieur du pays.
C’est le député de Bako, M. Mamadou Ben Soumahoro, qui a su traduire dans son intervention toutes les angoisses de ses camarades. Pour lui, le désarmement et la paix en Côte d’Ivoire seront possibles si Alassane Ouattara, le leader du RDR, renonce à la politique. Jamais le MPCI n’acceptera de déposer les armes si ADO n’est pas assuré d’être candidat et de remporter les élections. Il a fait une analyse sociologique du peuple Malinké, pour montrer que le désarmement est une vue de l’esprit , ce d’autant qu’ADO et la rébellion ont des soutiens certains parmi les quatre détenteurs du pouvoir en pays Malinké : les femmes, les chefs traditionnels , les Imams et les dozos.

La mauvaise compréhension de la philosophie qui sous-tend le processus du désarmement et la manipulation politicienne des consciences des populations et soldats en zones assiégées que font les hommes politiques, rendent réfractaires les soldats et dozos qui pensent qu’ils seront désarmés de force. Et c’est aisément qu’on abuse de la bonne foi de ces gens grâce à une société civile aux ordres qui organisent depuis peu des marches contre le DDR. Une de ses marches à Bouaké a falli tourner récemment en affrontement avec les Casques bleus qui ont eu trois blessés dans leurs rangs. Man a été aussi instrumentalisée et a organisé ce week-end une marche de protestation contre le DDR. Or, le président de la Commission nationale du Désarmement, démobilisation et réinsertion ne cesse de répéter que la Côte d’Ivoire a choisi le désarmement volontaire et qu’il n’est nullement dans la mission de la force de maintien de la paix de l’ONU de faire un désarmement par la force. Ce sont des actes politiciens qui ont des conséquences désastreuses sur les populations et leur capital confiance dans la classe politique. Et cela en rajoute à la peur et à l’inquiétude des populations à l’approche de la date du désarmement. Il est urgent que les politiciens devenus des rentiers de la guerre tiennent le discours de la vérité aux populations car la politique qui a une éthique est aussi la sacralisation de la vérité, la manifestation de la vérité. Ils ont heureusement beau jeu de manipuler les populations et d’accroître chaque jour leur peur et faire régresser les chances de réconciliation, car la CNDDR, qui abat un travail remarquable ne communique guère. Les ex-combattants ont signé à l’issue d’une réunion qui a duré du 7 au 9 janvier 2004 un plan conjoint des opérations (PCO) où toutes les questions relatives au DDR ont été réglées et l’essentiel des malentendus aplanis. Le DDR est en marche et la Côte d’Ivoire peut rêver d’un autre avenir.

Franck A. Zagbayou

Les militaires mettent les politiques sous pression
Selon les Accords d’Accra III signés entre les acteurs politiques ivoiriens et les mouvements rebelles, le début de l’opération de désarmement est prévu pour le 15 octobre. A l’approche de cette date historique, remplie d’espoir pour les Ivoiriens en général, et les populations des zones assiégées en particulier, les passions se font de plus en plus jour au sein de la classe politique ivoirienne. Les positions se radicalisent de plus en plus, mettant à mal le processus de réunification en cours. Le paradoxe dans cette situation vient de l’attitude des politiques qui n’affichent pas une volonté réelle de voir le pays sortir de la crise qui le déchire depuis deux ans. En effet, les militaires (FAFN et FDS) qui de façon traditionnelle sont ceux qui vont au front, et qui en plus, imposent leurs lois par les armes, comme cela s’est fait depuis le 19 septembre 2002, sont arrivés à s’accorder d’abord sur la nécessité d’arrêter les hostilités le 4 juillet 2003, pour ensuite arriver au principe du désarmement, pour lequel des rencontres se multiplient entre les deux forces en présence. A côté d’eux, la chasse politique continue de se déchirer en privilégiant les intérêts égoïstes au détriment de l’intérêt supérieur de la nation. Ce qui donne aujourd’hui deux positions face à la question du désarmement. D’un côté, le bloc présidentiel pour qui le désarmement doit se faire absolument sans passer par aucune forme de négociation. De l’autre, le G7 qui, jusque-là, estime que le désarmement ne doit pas être perçu comme le point essentiel des Accords de Marcoussis et d’Accra III. Pour lui, il est nécessaire de vider toutes les questions liées au vote des lois soumises aux députés à l’Assemblée nationale. En clair, le G7 exige que a question de l’éligibilité prévue à l’article 35 de la Constitution, ainsi que celle relative à la Commission électorale indépendante (CEI) soient réglées par le vote de ces différents projets de lois. Ce qui, selon ses arguments, garantirait des élections transparentes et ouvertes à tous les candidats.

A ce niveau d’analyse, il est clair que la classe politique ivoirienne n’a pas conscience de l’enjeu que représentent le désarmement et la réunification du pays. Si tant est que les partis politiques veulent tous accéder au pouvoir par les urnes, il est alors plus que nécessaire qu’on arrive maintenant au désarmement. Ce qui permettrait d’arriver aux élections dans les délais prévus par la Constitution (octobre 2005). Or, si les politiques continuent de tergiverser, il est clair que les élections n’auront pas lieu dans un pays divisé, et cela pourrait contribuer à l’émergence de l’idée de prise du pouvoir par les armes chez les militaires, qui ont déjà une longueur d’avance dans le processus de réconciliation nationale. Les exemples de stabilité politique imposée par les armes sont légion dans la sous-région. Les pays comme le Burkina Faso, la Guinée, le Togo et autres, sont des exemples de la démocratie muselée par les armes.
Si c’est à cela que les hommes politiques ivoiriens veulent amener le pays, alors ils sont sur la bonne voie. Le peuple pour sa part n’a plus besoin d’un second décembre 1999. Les populations ivoiriennes profondément meurtries dans leur chair, par les affres de cette guerre, aspirent à un mieux-être. Et la Côte d’Ivoire gagnerait à exercer pleinement la démocratie dans laquelle elle s’est inscrite depuis seulement 14 ans. En tout état de cause, la classe politique gagnerait à mettre balle à terre, et à libérer les populations de ce jeu dans lequel, seuls les intérêts personnels comptent, au détriment du peuple pour lequel les hommes politiques prétendent se battre.

Marc Yevou
Fraternité Matin – 11/10/2004

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