SEM FELIX HOUPHOUET-BOIGNY en 1983. – Ivoir' Press
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SEM FELIX HOUPHOUET-BOIGNY en 1983.

SEM FELIX HOUPHOUET-BOIGNY en 1983.
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 »Je suis obligé pour la vérité dans ce pays de vous dire ce que j’ai tu jusqu’ici par scrupule. On accuse ma femme de transactions mobilières et immobilières, ma pauvre sœur Faitai aussi. Et nous-mêmes, nous nous sommes enrichis aux dépens de l’Etat, dit-on. Mais voyez-vous, pour la vérité, je suis obligé de dire des choses que vous ne saviez pas.
Et ça me fait de la peine d’en parler moi-même.
Quand les sept anciens sont allés me chercher pour créer le syndicat agricole africain, je suis venu au pays, non pas les mains vides, mais chargées de richesses.
On parlait de signes de richesses, c’était les voitures.
Nous étions quatre en Côte-d’Ivoire, à posséder des véhicules : deux Européens, un Libanais et moi.
J’ai été le premier en Côte-d’Ivoire à introduire une Cadillac; les gouverneurs n’en avaient pas.
Et Péchoux s’était opposé au dédouanement de cette voiture en disant : « Il a déjà beaucoup de prestige, si on le laisse avec cette voiture, il va encore accroître ce prestige, CET ANTI-FRANÇAIS NUMÉRO UN. »
J’ai dû saisir le président Vincent Auriol, qui a dit : « Mais de quoi il se mêle, celui-là ? C’est un citoyen, il a le droit de posséder ce qu’il veut. » Et il a donné l’ordre de me faire dédouaner la voiture. Mais Péchoux a trouvé le moyen de me faire payer le double. Et j’ai payé.

Mon jeune frère avec beaucoup d’autres planteurs (on payait jusqu’à 200 francs le kilo) avait entrepris la construction d’un grand bâtiment. C’était un des plus grands bâtiments entre Abidjan et le Nord. J’ai démoli son immeuble à l’occasion de l’arrivée de MODIBO KEITA.
Je ne l’ai pas habité alors qu’il était bel et bien terminé pour des raisons qui me sont personnelles. J’ai habité la petite maison où repose aujourd’hui son corps.

JE VOUS AI DIT : MES FRÈRES,, NE VIVEZ PAS AU-DESSUS DE VOS MOYENS.. VOUS DEVEZ POUVOIR VIVRE AU-DESSOUS DE VOS MOYENS. IL Y A DES FAMILLES QUI CONNAISSAIENT L’EPARGNE, LA MIENNE ETAIT DE CELLES-LA.
Les gens ont amassé des fortunes avec dix grammes, vingt grammes, cinquante grammes; beaucoup n’ont pas atteint un kilogramme. Mais, d’année en année, ils ont laissé une fortune. Et nous vivions dans l’or.

Les gens s’étonnent que j’aime l’or. C’est parce que je suis né dedans. Il n’y avait d’autre monnaie que la poudre, la pépite ou le lingot d’or.

J’avais un oncle, il vivait de l’autre côté de la rivière. Aujourd’hui, il reste les Zagret et autres. Ce sont eux qui ravitaillaient leurs frères aînés restés à Yamoussoukro avec l’or des Yowèrè. Quand nous vendions notre café et notre cacao, je partais en camion avec du gazogène à Bamako dans la région de Bougouni pour acheter de l’or. Quand on m’a demandé d’assumer ces responsabilités, mon frère était mort, j’étais seul. Il m’avait laissé des biens. Ses deux enfants sont Dia Houphouët que vous connaissez certainement et la veuve Dahouet.
Ce sont les deux enfants que mon frère m’a laissés. J’ai utilisé cet argent (j’en parle aujourd’hui parce que les témoins vont disparaître), c’est moi qui ai interdit à ANOMA d’en parler.
Il veut révéler tout cela.

Qui a financé le syndicat agricole africain ?
Qui a financé les premiers pas de notre parti ?
Vous savez, ce sont des choses que l’on ne dit pas.
IL Y A DES GENS QUI PERÇOIVENT LES COTISATIONS ET QUI NE LES VERSENT PAS.

Quand j’ai demandé à créer des sections dans les autres pays, mes frères m’ont demandé : « Vous allez encore gaspiller de l’argent ? » J’ai répondu : « C’est de l’égoïsme. » Si nous restons seuls face au colonialisme nous serons écrasés. Il faut aider les autres à se joindre à nous pour qu’ensemble nous portions le poids de l’oppression, nous l’avons fait. Et bien sûr, vous m’avez envoyé, élu, à Paris. Et Dieu seul sait combien a coûté cette campagne électorale. Seul DENISE m’avait aidé, il m’avait versé je crois 250 000 francs. Mais tout a été fait par moi.

Je suis acclamé à Paris et les jeunes gens, la plupart d’entre eux sont aujourd’hui en service. En 1947, ce n’est pas en 1960. Je n’étais pas Président de la République, et j’ai acheté ce qu’on appelait le château de Vipel. Et c’est là-bas que je recevais tous ces jeunes gens. Ils venaient à ma table, j’étais leur père, leur frère aîné.

J’ai vendu cette maison pour une question de sécurité. J’étais appelé au gouvernement français et les Arabes (les Algériens),
à la suite de la lutte que menaient leurs frères, s’étaient mis dans la lutte. C’étaient des assassinats, des bombes.
Le gouvernement m’a dit : vous logez seul en dehors de la ville, on ne pourra pas assurer votre sécurité. Il faut rejoindre la ville. Cela m’a fait mal de vendre. Parce que dans ma famille on ne vend pas de terrain, on ne vend pas de maison. J’ai été contraint de donner l’ordre à Gabriel Lisette de vendre. Vous trouverez dans ma maison certains meubles anciens de 1947 que j’ai conservés.
J’ai été dans six gouvernements français successifs. Et je n’ai pas été logé. Et je ne sais pas aujourd’hui si on loge les ministres en France.
J’ai acheté la maison de Jean Gabin (François Ier), je n’étais pas président de la République de Côte-d’Ivoire. J’ai acheté un appartement dans le 11e pour mon fils Guillaume, je n’étais pas Président de la République !

En 1957, je tombe fatigué, le docteur Leporte de l’Elysée vient m’examiner, et me dit : « Vous n’avez rien. Mais allez dans les montagnes. Même l’aspirine pourrait vous faire du mal. » Et je suis parti en Suisse au hasard. C’est à cette occasion que j’ai rencontré mon premier ami suisse qui m’a introduit dans le milieu des affaires suisses (Thinet). Il est mort il y a deux ans avec sa femme. C’est un pèlerinage pour moi chaque fois que je vais là-bas d’aller m’incliner sur leur tombe. Ma femme n’a pas eu d’enfants. La Constitution nous autorise quand un des époux n’a pas d’enfants de proposer la reconnaissance d’un enfant que l’époux doit accepter.

LA MÈRE D’HELENE EST LA VÉRITABLE HERITIERE DU PAYS BAOULE. C’EST LA SEULE HERITIERE AVEC SON FRERE BAPTISTE ET SA SOEUR MONIQUE : ils sont trois.
MOI, JE NE SUIS QU’UN VASSAL, PAR RAPPORT A CES TROIS-LA. Et sa mère est venue dans ma cour me confier l’enfant avant de mourir. A la naissance, elle portait le nom d’ABLA POKOU, LA FONDATRICE DE LA DYNASTIE BAOULE. Pour des commodités, nous l’avons adoptée. Elle est aujourd’hui HÉLÈNE HOUPHOUET-BOIGNY.
Elle a eu pour parrain M. THINET que j’ai rencontré alors qu’il représentait LA FIRME HARRISSON, le grand diamantaire américain, le seul et le plus grand. C’est M. Thinet qui le représentait à Genève. Il a été le parrain de ma fille.

Un jour, il vient chez moi et dit : « Voilà un exemplaire de mon testament. » Je lui demande : « Dois-je l’ouvrir ? » Il répond : « Oui, le double est déposé en lieu sûr. Je décide de faire de votre fille Hélène mon héritière unique. » Il est mort. Et c’est Hélène qui a hérité de tous les biens de cet homme.

C’est lui qui m’avait présenté un grand banquier qui m’a initié aux placements de mes affaires. Aujourd’hui ce grand banquier a pris sa retraite mais il continue, dans la banque où il était directeur, à suivre mes propres affaires. Je vous le dis honnêtement parce que des gens ont dit : « Ils ont des biens à l’étranger. » Moi j’ai des biens à l’étranger. Mais ce ne sont pas des biens de la Côte-d’Ivoire. Quel est l’homme sérieux dans le monde qui ne place pas une partie de ses biens en Suisse ? C’est la banque du monde entier. Et je serais, moi, fou de sacrifier l’avenir de mes enfants avec des fous comme ceux-ci sans penser à leur avenir ? Ceux qui voyagent connaissent Nairobi, la capitale du Kenya. Ils savent que les veuves de Jomo Kenyatta sont parmi les plus riches du pays. On ne voit personne critiquer cela.

Quand j’ai demandé à mon notaire de procéder de mon vivant au partage de mes biens, il m’a dit que c’est la première fois qu’il assiste à une telle chose. Avec notre loi, ma femme a droit à la moitié de mes biens et mes enfants à l’autre moitié. Ma femme n’est pas gourmande, elle a accepté sa part – importante. Et nous devons signer un contrat qui permettrait, si l’un d’entre nous survit, de posséder la part qui lui revient, entièrement. Mes enfants n’auront pas à réclamer leur part de la communauté, dans le cas où ma femme viendrait à mourir avant moi. Sa part reviendrait à sa famille. Elle ne s’est pas limitée à l’adoption d’Hélène. Elle a adopté deux autres enfants, dont un Angolais. Je ne comprends pas pourquoi ces critiques-là. J’ai tenu qu’après ma mort ma famille ne se batte pas pour le peu que je lui aurais laissé. Chacun a sa part.

J’ai deux sœurs et deux cousines.
Mes sœurs n’ont pas d’enfants.
Ma cousine DJENEBA n’en a pas, non plus.
SEULE LA PLUS JEUNE, AMOIN, LA FILLE DE MA TANTE YAMOUSSO,GRACE AUX ALLIANCES AVEC DU SANG ETRANGER, A PU AVOIR DES ENFANTS GRACE A THIAM QUI EST ICI.
DE PAR LA COUTUME, CE SONT EUX MES HÉRITIERS DIRECTS.

FAITAI A ADOPTE CINQ FILLES QUI SONT DEVENUES SES ENFANTS . Elles doivent hériter d’elle, même si elle doit laisser une partie à sa cousine. Ma sœur ADJOUA et ma cousine DJENEBA en ont fait autant.
Vous savez comment on adopte ces enfants ?
Dans le pays Sénoufo, les enfants qui ont perdu leur mère à la naissance sont condamnés : nous en avons sauvé comme cela. Dans le pays Agni, le dixième enfant n’est pas accepté, nous en avons sauvé; dans le pays Baoulé, l’enfant qui naît avec un sexe contraire à ses deux aînés de même sexe était sacrifié, et ça existe encore. Et nous avons sauvé ces enfants-là. Il n’y a pas longtemps, un matin, nous étions à table, et nous lisions Fraternité-Matin : à la police, un commissaire avait recueilli une petite fille de deux ou trois ans depuis plus de deux mois à Abobo-Gare. Nous avons téléphoné immédiatement, nous l’avons fait venir, nous l’avons remercié, et nous lui avons demandé s’il pouvait nous donner cet enfant.
Après des recherches, nous avons retrouvé la mère qui nous a expliqué pourquoi l’enfant avait été abandonnée : chaque naissance après cette fillette se terminait par un décès.
Ses parents avaient conclu qu’elle était une sorcière.

On m’a demandé un jour : « Si vos enfants et votre femme, chacun, prenant sa part, et si on ne vous laisse rien, comment allez-vous vivre ? » Je répondis : « Je vivrai comme les oiseaux du ciel. Ils ne cultivent pas, mais ils mangent. Dieu y pourvoira. »

On dit que nous ne faisons rien ici : j’ai une partie de mes biens à Abidjan. Ce sont des milliards. Ils ne viennent pas du budget. C’est le fruit de mon travail. Une des banques gère mes bénéfices sur la culture d’ananas. J’ai quatre milliards de chiffre d’affaires dans la culture d’ananas. Je paie celui qui vend les cartons pour les ananas quelque cinquante millions de francs par mois. Le bateau et l’avion : 150 millions de francs par mois. J’ai eu deux chutes brutales il y a deux ans alors que j’avais atteint jusqu’à 3 000 tonnes d’ananas par mois, produisant ainsi le tiers de la production nationale. Et j’ai demandé à une banque de gérer cela.

J’ai cessé de faire du café. Autrefois, on recevait très peu, peut-être cent millions de francs, mais ces cent millions valent aujourd’hui des milliards. Et j’ai viré tout cet argent dans mes comptes en banque, en Suisse, et cela a produit des intérêts importants. L’une des banques d’Abidjan possède de moi le quart de ses dépôts. Si je n’avais pas confiance en mon pays, garderai-je tout cet argent ici ? J’ai confiance en la Côte-d’Ivoire. Il y a même une banque qui gère mes bénéfices sur l’avocat dont, je crois, je suis le premier producteur en Côte-d’Ivoire. Il y a une autre banque qui gère modestement les bénéfices de mon élevage de poulets. Mais ces milliards, parce que tout cela se chiffre en milliards, se trouvent dans le pays. C’est de l’argent placé dans les banques et prêté à mes compatriotes.

LE BUDGET DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE EST DE DEUX MILLIARDS DE FRANCS (FRAIS PERSONNELS ET FONDS POLITIQUES).
JE NE SUIS PAS ÉGOÏSTE. POUR MOI L’ARGENT NE COMPTE QUE PAR LE BON USAGE QU’ON EN FAIT.
C’EST LE BON USAGE QUI DONNE DE LA VALEUR A L’ARGENT.

J’ai demandé à trois représentants, dont l’un se trouve dans cette salle, de gérer un peu de ce fonds politique.
Le quatrième, qui distribue le plus, et qui n’étant pas du pays ne fait pas de distinction, est mon secrétaire général du gouvernement.
Il y a des gens qui vont jusqu’à demander des avances sur un an. Ce que j’accepte.
Par exemple, il y en a qui demandent que je leur donne 1 200 000 francs lorsqu’ils ont droit à 100 000 francs par mois.
Alors que si je venais à disparaître, mon successeur ne serait pas tenu d’honorer cet engagement. Je l’ai pourtant fait.

Mon ami, mon jeune frère YACE, m’a cédé l’un des bâtiments de sa famille. Je l’ai aménagé pour y recueillir les mendiants.
Je ne vais pas les voir. Je ne veux pas qu’ils sachent que c’est moi qui m’occupe d’eux. Je les nourris, je les habille.
Lorsqu’ils veulent rentrer chez eux, je paie.
Près de la mosquée de Yamoussokro, j’ai construit une autre construction, où je recueille d’autres mendiants.
Ils sont logés, ils sont nourris. Je leur donne de l’argent; j’envoie des gens le faire en mon nom.

TOUT CE QUE J’AI CONSTRUIT A YAMOUSSOUKRO, PRECISONS-LE, NE M’APPARTIENNENT PAS.
LES HÔTELS APPARTIENNENT AU PARTI, DONC A L’ETAT; LA MAISON DU PARTI, LA FONDATION HOUPHOUET-BOIGNY, ETC., SONT DES ÉDIFICES APPARTENANT A L’ETAT.

Une publication de Zoro Zan Bi

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Histoire de la famille Boigny

Il est difficile de séjourner à Yamoussoukro sans s’interroger sur la véritable identité de Félix Houphouët-Boigny, de sa famille : d’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Autant de questions qui n’auraient poser de problèmes insurmontables si Dja Houphouët n’était devenu aux yeux du monde entier un personnage mythique.

En effet, aujourd’hui la légende est en passe de s’emparer de la vie de l’homme. Il est donc urgent de révéler la vérité historique.

La date de l’arrivée à Kami du premier BOIGNY (Boigny N’Dri) paraît se situer dans la première moitié du 19ème siècle, aux alentours de 1847.

Kami est situé à 7 km de Yamoussoukro. A l’époque où apparaissent les Boigny, le chef de Kami compte parmi ses filles une certaine Adjoua. Et l’une des filles d’Adjoua n’est autre Kokoblé (KOKO la Noire).

Le président Boigny a dépeint son trisaïeul Boigny N’Dri, tel que la tradition familiale en a conservé le souvenir et dont lui-même, lors de son entrée dans la vie politique, a voulu relever le nom :
« c’était un type gaillard, fort, avec des arcades sourcilières très prononcées; il n’était pas beau; mais la plus jeune fille d’Adjoua, de Kami, a dit en le voyant; c’est celui-là que j’attendais, c’est lui que je désire épouser ».

Vers 1860, Boigny ou encore « Grand Boigny » et KOKO la Noire, celle qui l’avait préféré, quitteront le village de Kami. C’est que le mariage a bien eu lieu (car en pays baoulé on ne marie guère une fille contre son gré), il n’en demeure pas moins que la jeune princesse n’avait pas satisfait, ce faisant, le projet de mariage que l’on formait pour elle. La voilà en mariage avec un « étranger ». Et malgré la règle matrilinéaire qui fera de leur descendance de vrai Baoulé, les villageois sauront si bien leur faire sentir la distance que KOKO elle-même, ulcérée, réclamera ses droits, ils lui seront reconnus sous la forme de terre suffisamment à l’écart de Kami, les forêts sur l’emplacement desquelles s’implantera plus tard Yamoussoukro deviennent son domaine.

Quand au second Boigny, frère de Boigny N’Dri, ou son cousin (mais le mot «cousin» n’existe pas en Baoulé, c’est un «frère», son aîné l’installera de l’autre côté du Bandama sur la rive aurifère de ce fleuve, à Grougi qui restera malheureusement un bien modeste village.

Boigny N’Dri et Kokoblé forment un couple heureux. Ils auront ensemble cinq enfants. C’est leur aîné Kouassi N’Goh qui donnera son premier nom au nouveau village: N’Gokro. Leur petite fille, Nanan Yaa N’So ou Yamoussou, nièce de Kouassi N’Goh le développera sous le nom de Yamoussoukro. Sous leur arrière petit fils, un autre Kouassi N’Goh, neveu de ce dernier, il devient tel que nous le voyons aujourd’hui, le plus beau, le plus grand des villages.

Outre Kouassi N’Goh, les enfants de Boigny Ndri et de Kokoblé seront: Nongan, Yaablé, Boigny et Adjoua.
L’héritage se transmettant chez les Akan, par les femmes, ce sera à Adjoua, la benjamine (elle relève le nom de la première aïeule, sa grand-mère) que reviendra la charge d’assurer la postérité. Cette Adjoua épousera Ahounou, chef du plus proche village; Morofê. « C’est que, remarque en passant le Président Houphouët-Boigny, ces Boigny là étaient des gens extrêmement intelligents » d’aucuns prétendaient les traiter en étranger, leurs filles ont épousé des chefs et les familles de ces chefs ont du sang des Boigny. C’est ainsi et non par la force des armes, que ces derniers ont su s’imposer. Adjoua de son mariage avec Ahounou, aura de nombreux enfants; plusieurs mourront à bas âge; d’autres qui n’ont pas joué de rôle précis, ne seront pas cités ici. Nous retiendrons Nanan Yaa N’So (Yamousso, dont le village porte le nom), Aka Amoin, Adio et Brou (la dixième). Yaa N’So, la reine, n’aura pas d’enfant. Adio mettra au monde un sourd-muet qui ne vivra pas longtemps. C’est Brou qui, pour cette quatrième génération, assumera la charge de la descendance. Les enfants de Brou seront:

– Kimou N’Dri (dite N’Dri Kan)
– Kouassi N’Goh
– Kimou Yamousso (Yaa Kan).

Nous arrivons ainsi à la génération actuelle. N’Dri Kan épouse N’Doli Houphouët de la tribu N’Zipri de Didiévi; ce sont les parents de Félix Houphouët Boigny, de ses trois soeurs aînées (la première qui n’aura pas longtemps vécu, la seconde Fêtai, la troisième Adjoua), d’une plus jeune sœur et de son frère cadet Augustin Houphouët, eux aussi décédés. Nous reviendrons plus loin à Félix Houphouët-Boigny.
Fêtai (veuve de Koba Kouamé, chef du canton nanafoué d’Attiégouakro) et Nanan Adjoua n’ont pas de descendance directe. Félix Houphouët-Boigny eu d’un premier lit quatre fils et une fille :

– Félix (décédé)
– Augustin
– François
– Guillaume
– et Marie
– d’un second lit : Florence
– et pour fille adoptive: Hélène.

Cette Hélène Houphouët-Boigny, le Président précise avec un sourire attendri : «c’est la pure, la descendance directe de la Reine Pokou, la petite-fille du roi des Baoulés, Anoungbré. Elle porte mon nom, mais elle est ma suzeraine; je suis son vassal ».

Hélène a eu deux frères et sœur : Baptiste et Monique; et si Baptiste avait eu quinze ans révolus à la mort du roi Kouakou Anoungbré, c’est lui qui régnerait en lieu et place du supérieur Kouamé Guié.
Comment Hélène est-elle entrée dans la famille Houphouët-Boigny? La tradition Baoulé veut que l’on confie, pour relever, un enfant à la femme que le ciel n’a pas comblée. Madame Marie-Thérèse Houphouët-Boigny n’ayant pas eu elle-même d’enfant, sa parente fille Anoungbré, est venue lui confier une de ses filles. Chez les Baoulés, d’ailleurs, on n’adopte pas vraiment; une famille noble confie l’enfant à une autre famille, même moins noble, pour en assurer l’éducation. L’enfant alors appartient aux deux familles; il pourra, à son gré, demeurer dans la seconde, retourner dans la première.

Les enfants d’Augustin Houphouët-Boigny (frère cadet du président de la république, et décédé en 1939) sont Dia Augustin Houphouët-Boigny et Monique, veuve d’André Dahouët qui fut député et secrétaire général d’une des sous sections du PDCI-RDA à Bouaké (Bouaké Koko ou Bouaké II).

Les tantes du président de la république, sœurs de sa mère étaient Kimou M’Bra, mère de Kouassi N’Goh qui fut chef de canton, Kimou Yaablé mère Djénéba et Kimou Yamoussou Kan dont les deux petites-filles sont Mariétou Sow et Berthe Sow.

Berthe Sow a eu deux enfants; quant à Mariétou, ses sept enfants, dit le Président avec une légitime fierté sont tous universitaires, ce sont: Daouda, Boubacar, Augustin, Aziz, Anna N’Dèye, Yamousso et Tidiane (ministre).

«Tous ceux-là sont des Boigny; ils peuvent donc porter le nom de Boigny accolé à celui de leur père», a précisé Félix Houphouët-Boigny, chef de famille.

Revenons en à celui qu’il est convenu de considérer comme le plus illustre des Boigny: le père de la Nation Ivoirienne, le Président Félix Houphouët-Boigny, dont le lieu de naissance est sujet à des interrogations.

Comme le précise sa biographie officielle et comme il devait l’affirmer lui-même en déposant sous serment le 31 mai 1950 ; le président de la république, a tenu à apporter sur ce point des précisions nécessaires.

«Mon grand-père, Kimou, père de ma mère, était chef du village de Duokro. Il s’est installé dans la région de Kocumbo pour commercer avec les Gouro. C’est lui qui a donné son nom au village de Kimoukro. Et mon père N’Doli Houphouêt (venu dans la région à la recherche de l’or) a épousé ma mère N’Dri Kan à Kimoukro où elle vivait chez son propre père. Ma mère se trouvait à Kimoukro lorsque j’étais attendu». Mais, c’est la règle d’or ici à Yamoussoukro que tous les enfants doivent y venir au monde. La coutume veut, en effet, que le cordon ombilical et le placenta y soient enterrés.
Donc, chaque fois que N’Dri Kan attendait un enfant, elle devait impérativement, deux ou trois mois avant la naissance, venir à Yamoussoukro. «C’est ainsi que moi-même, mes sœurs et mes frères, sommes nés à Yamoussoukro en conformité avec les exigences de la coutume chez les Boigny».

«Vous pouvez voir dans ma généalogie, qu’entre la naissance de mon oncle, frère de ma mère et la mienne, il s’est écoulé vingt-cinq ans. Pendant ces vingt-cinq années il n’y a eu aucune autre naissance de descendance mâle. La famille était presque perdue. Certes, selon la coutume Akan, ce sont les femmes qui héritent, mais il faut tout de même qu’elles aient des enfants mâles. On était donc allé consulter, un peu partout, des féticheurs, des marabouts, pour obtenir un garçon. On était allé jusqu’au Sahel. Finalement, c’est une femme de Zaakro, le village de Camille Aliali (Garde des Seaux, Ministre de la Justice), qui a prédit à ma maman que sa prochaine grossesse lui apporterait un fils, mais à la condition que ce fils accepte le génie à sa naissance. C’est pour cela que l’on m’a donné le nom de Dia. Celui qui porte ce nom devra prédire l’avenir, soigner, voyager. Ai-je échappé à mon destin?».

Boulanger Ezan

SOURCE : PAGE HOUPHOUËT-BOIGNY


Hélène Abla Pokou HOUPHOUËT-BOIGNY

Née en 1953 , Hélène HOUPHOUËT – BOIGNY _ Abla Pokou est le 6ème enfant et 2éme fille du Président Félix HB.

Elle est la première fille adoptive du couple HOUPHOUËT-BOIGNY .

Hélène HOUPHOUËT-BOIGNY est la fillette que l’on retrouve sur la Photo Officielle de la famille HOUPHOUET-BOIGNY .

  • Voir Album  » Derrière Un grand Homme s’est trouvée une Grande Dame  » .

Koné Salifou (Maestro)

NDIA HOUPHOUET-FRANCOIS HOUPHOUET-THERESE HOUPHOUET-FELIX-MARIE HOUPHOUET-HELENE HOUPHOUET-GUILLAUME HOUPHOUET

Sengenisse Loua

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