Le député fait des révélations troublantes “ C’est le Mpci qui a attaqué Gohitafla ” “Voici ce que les rebelles voulaient faire ” “ Les Forces impartiales sont suspectes ” – Ivoir' Press
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Le député fait des révélations troublantes “ C’est le Mpci qui a attaqué Gohitafla ” “Voici ce que les rebelles voulaient faire ” “ Les Forces impartiales sont suspectes ”

Le député fait des révélations troublantes “ C’est le Mpci qui a attaqué Gohitafla ” “Voici ce que les rebelles voulaient faire ” “ Les Forces impartiales sont suspectes ”
Ivoir' Press

M. Le député, Gohitafla, votre circonscription électorale, a été attaquée par une bande armée dans la nuit du dimanche 06 au lundi 07 juin 2004. Avez-vous été surpris par cette attaque ? Zamblé Bi Tah : J’étais effectivement surpris par cette attaque de Gohitafla. J’ai été informé très tôt le matin du lundi. Tout de suite, j’ai pris attache avec le Général Bombet et je l’ai informé que Gohitafla a été attaquée. Il m’a dit qu’il s’en occupe. J’étais en contact permanent avec le sous-préfet. Je n’ai plus suivi toute l’organisation jusqu’à la libération de Gohitafla. La résidence du sous-préfet se trouvait à 40 mètres de la caserne qu’occupaient les assaillants. J’étais en contact permanent avec lui et la population. Pouvez-vous établir un bilan partiel de ces événements tragiques ? Z. B. T : Pour l’heure, je ne peux pas faire de bilan. Il faut attendre encore quelques jours pour établir un véritable bilan. Il faut voir le nombre de personnes tuées à Guiriéala, Gohitafla et dans bien d’autres villages investis par les assaillants. A Guiriéafla par exemple, on nous a dit que des corps gisaient encore dans les villages jusqu’à hier (mercredi 9 juin 2004). On nous a signalé qu’ un chasseur, qui venait nuitamment de son champ, a été tué par les rebelles sur leur passage à 2 heures du matin. Il faudrait avoir tous les éléments avant de faire un bilan, même partiel. Le sous-préfet que nous avons joint au téléphone le jour de l’attaque avait indiqué qu’il s’agissait de combattants des Forces nouvelles, alors qu’on a parlé d’éléments incontrôlés. Z.B.T : D’abord, je n’étais pas sur les lieux quand l’attaque a eu lieu. Si je m’en tiens à la déclaration officielle et à ce que le sous-préfet sur place m’a dit, il se trouve effectivement que ce sont les assaillants qui sont arrivés de Bouayaokro et qui sont passés par Guiriéafla. De ce village, une femme m’a appelé hier (mercredi 9 juin 2004) pour me signifier qu’il y avait des corps qui traînaient encore çà et là et qu’il fallait leur venir en aide pour en débarrasser les lieux. Je l’ai mise en contact avec le sous-préfet que j’ai appelé pour qu’il apporte de l’aide à cette population afin d’identifier les morts. C’est vous dire qu’ils sont passés par Guiriéafla avant d’arriver en ville. Maintenant, qu’est-ce que vous appelez Forces nouvelles ? Je ne sais pas comment vous pouvez faire la différence entre Forces nouvelles, rebelles, assaillants et éléments incontrôlés ? De toutes les façons, les éléments incontrôlés viennent toujours de quelque part. Et ce que nous savons, c’est que ceux qui ont attaqué Gohitafla, viennent du nord du pays. Là où se trouvent ceux que vous appelez Forces nouvelles. Ce sont eux qui ont introduit la guerre en Côte d’Ivoire. Donc si cette guerre n’est pas encore finie et qu’une partie du pays est de nouveau attaquée, mais ce sont eux qu’on doit accuser. Mais, quand en plus, ces bandes armées qui ont attaqué Gohitafla viennent du nord, il n’y a pas de doute que c’est le Mpci (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire, rébellion) qui est accusé. Mais les Forces nouvelles récusent cette accusation et dénoncent une manipulation du président Gbagbo pour attaquer leurs positions. Z.B.T : Si Gbagbo veut attaquer les rebelles, est-ce qu’il a besoin d’une simulation pour attaquer et tuer des militaires qui lui sont fidèles, ainsi que plusieurs civils à Gohitafla? Est-ce que Gbagbo veut que les habitants de Gohitafla soient tués avant d’attaquer des positions des rebelles? Il faut être sincère. Si Gbagbo veut faire la guerre, il ne fera que déclarer la guerre aux rebelles. Si jusqu’à présent il est resté dans sa logique de négociation, c’est que le président de la République veut un arrangement politique. Je pense que s’il veut faire la guerre, en tant que chef de l’Etat, il se décidera à la faire, sans qu’il soit obligé d’organiser l’attaque de Gohitafla. Selon vous, qu’est-ce qui a motivé les assaillants à vouloir assiéger votre localité ? Z.B.T : Gohitafla est un point stratégique. Il y a le barrage de Kossou qui nous sépare de Béoumi où les rebelles sont installés ainsi qu’à Bouaké. Par la route, on a 45 minutes pour arriver à Gohitafla. Le barrage de Kossou ayant coupé la voie routière, les gens prennent des pirogues pour la traversée à n’importe quel moment pour une infiltration. Les motivations des rebelles en attaquant Gohitafla, c’est d’atteindre non seulement cette localité, mais aussi et surtout les villes de Zuénoula et de Daloa. Question de prendre tout le centre ouest du pays C’est ça leur objectif principal. En mai dernier, vous étiez à Gohitafla où vous aviez honoré les forces de défense et de sécurité basées sur les lieux. Comment les aviez-vous trouvées au front ? Z.B.T : Elles étaient toutes enthousiastes. Elles étaient contentes de cette réception. Il était de mon devoir en tant qu’élu, de recevoir ces braves militaires qui par 3 fois, ont pu repousser l’attaque de Gohitafla. Donc, c’était un devoir pour moi de le faire. Ils étaient tous contents. Cependant, il nous revient que votre passage à Gohitafla le mois dernier, a semé la division entre gendarmes et militaires basés dans cette localité. La presse a fait cas de soulèvements militaires contre votre attitude. Que s’est- il réellement passé ? Z.B.T : J’étais à Gohitafla pour remercier nos forces de défense et de sécurité, qui ont essuyé à trois reprises les attaques des rebelles. Arrivé sur les lieux, j’ai été surpris par le nombre important de ces éléments basés à Gohitafla. Alors que je croyais qu’ils étaient au nombre de 42, gendarmes et militaires confondus, grand a été mon étonnement de constater qu’il y avait plutôt 100 militaires et 15 gendarmes à Gohitafla. Finalement, n’étant plus en mesure de les recevoir tous à la fois, j’étais obligé de faire la fête avec seulement les gendarmes, en attendant de rencontrer les militaires après. Dans son élément filmé, le commentateur du journal télévisé a mis de l’huile sur le feu, disant que “ le député de Gohitafla est allé récompenser les gendarmes pour avoir sauvé la ville.” Voilà ce qui a soulevé la colère des militaires, alors que j’étais encore à Gohitafla. Ils ont même tiré un peu partout en ville. Ce qui a terrorisé la population. Mais après, les choses sont rentrées dans l’ordre et j’ai reçu les militaires de Gohitafla une semaine après, le temps de retourner à Abidjan pour m’atteler à cela. Voilà toute la vérité sur cette affaire qui, à mon sens, ne peut pas provoquer une attaque rebelle contre Gohitafla. Évidemment, mes adversaires politiques locaux pourront utiliser cela pour dire ce qu’ils veulent. C’est de bonne guerre. J’ai même eu des coups de fil dans ce sens. Des gens m’ont appelé pour me menacer, pour dire que c’est ce problème qui a provoqué la récente attaque de Gohitafla. Mais la vérité, c’est que cette localité a été attaquée pour autre chose. En réalité, nous sommes tous dans une zone de confiance. Je pense que c’est ça qui a trahi tout le monde. On est dans une zone de confiance où se trouvent la Licorne, la Cedeao et nos militaires. Nous disions qu’avec cette zone de confiance, on était à l’abri. On vient de nous montrer qu’on n’est pas à l’abri. Vous savez que les pays où l’Onu est, comme au Liberia tout près de nous, les gens font ce qu’ils veulent. Est-ce à dire que vous accusez les forces impartiales dans l’attaque de Gohitafla ? Z.B.T : Personnellement, j’étais dans les rues au Plateau le lundi (07 juin) en train de dire aux patriotes qui manifestaient et cassaient que Gohitafla a été libérée. J’ai tout suivi de bout en bout avec le sous-préfet depuis sa résidence. Il m’a laissé entendre que ce sont les forces françaises de la Licorne qui étaient en train de négocier la libération auprès des Forces nouvelles. Dès lors que ce processus a abouti avec le retranchement des rebelles vers Konahiri, on m’a annoncé que la population a commencé à vaquer à ses occupations. Il était de mon devoir d’apporter l’information aux jeunes patriotes qui soupçonnaient les forces étrangères d’être complices de cette attaque. Pour dire la vérité, j’avoue que j’indexe les forces impartiales (Licorne et casques bleus). Car, ce sont elles qui ont le contrôle de cette localité dite zone de confiance. A partir de cette appellation, je dis que c’est à elles d’empêcher les gens en armes de se promener. C’est pour ça qu’elles sont indexées pour la légèreté dans l’exercice de leur mission. Au regard de cette situation, faut-il remettre en cause la présence des forces impartiales à Gohitafla ? Z.B.T : Non, je ne pense pas. Mais, je crois que ça devait plutôt inciter nos soldats à ne pas demeurer inactifs sur le terrain. Je comprends difficilement que malgré la présence de la force Licorne dans cette zone, cette force n’autorise pas le port d’armes. La zone de confiance divise aujourd’hui Gohitafla en deux parties. Une partie réservée aux forces loyalistes qui sont assises devant la résidence du sous-préfet et l’autre partie de la ville représente ce qu’on a baptisé “ zone de confiance .” Les rebelles ont attaqué les Fanci dans le dos en passant par Guiriéala. Les positions des Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire) se trouvant à proximité de la zone de confiance, il y a là un danger permanent qui plane sur Gohitafla. Les forces de défense et de sécurité ont été surprises, parce que tout le monde est enthousiaste. Les rebelles viennent parfois avoir des séances de travail avec les forces impartiales et sillonnent même la ville de Gohitafla. Vous avez désobéi à votre parti, l’Udpci (Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire, avec trois de vos collègues en répondant à la convocation du chef de l’Etat le mois dernier. Peut-on lier cela à ce qui s’est passé à Gohitafla ? Z.B.T : Comme je ne suis pas rebelle, j’estime que lorsque le chef de l’Etat nous appelle, il est de mon devoir de répondre. Il est comme un chef de famille. Lorsque Gbagbo nous a appelés, il appartenait à chacun d’y aller. Peut être que cela a un lien avec les événements de Gohitafla. Nous sommes en politique. Mais ce serait malheureux si tel était le cas. Hier (mercredi 9 juin) au téléphone, de façon discrète, j’ai été menacé pour ma déclaration faite devant le chef de l’Etat. Des gens m’ont signifié que c’est pour cela qu’il y a eu la guerre à Gohitafla. Je pense que ce sont des politiciens qui veulent utiliser ce fait contre moi. M. le député, Gohitafla a été libérée et la vie y a repris normalement. Avez-vous un appel à lancer en direction des populations qui vivent dans la localité ? Z.B.T : Je recommande la vigilance à nos forces de défense et de sécurité basées à Gohitafla. Nous avons été surpris. En principe, l’armée ne doit pas être surprise. Il faut se dire que nous sommes en période de guerre. La guerre n’est pas terminée. Il faut être vigilant. Je pleure en moi. Je compatis à la souffrance de la population. J’ai mon fils qui était à Gohitafla dans ma résidence au moment où les rebelles sont rentrés en ville. Il a dû passer par la brousse. Il a un ami militaire qui a été abattu devant lui. Ma maison a été pillée. J’ai eu au téléphone le commandant de brigade, le sous-préfet et l’adjoint du lieutenant Djea hier nuit. Ils m’ont dit que la vie se normalise et toute la population vaque à ses occupations.

Soir Info – 6/12/2004 4:29:40 AM

 

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