La succession de Banny divise le FPI Voici l’homme de Gbagbo – Ivoir' Press
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La succession de Banny divise le FPI Voici l’homme de Gbagbo

La succession de Banny divise le FPI Voici l’homme de Gbagbo
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Le gouverneur Charles Konan Banny, on le sait, quitte définitivement la tête de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest(Bceao) en fin d’année, précisément le 31 décembre 2004. Pour ce poste qui, selon le ministre Bohoun Bouabré (Economie et Finances), ‘’revient de droit à la Côte d’Ivoire’’, les tenants du pouvoir se concertent depuis quelques mois pour désigner ‘’l’homme qu’il faut à la place qu’il faut’’. En tout cas, au Front populaire Ivoire (Fpi), parti au pouvoir, on tient à ce que celle ou celui qui succédera, dans quelques mois, au gouverneur Charles Banny, soit de la maison. De sorte qu’ aujourd’hui, il y a des lobbyings qui sont mis en place par les uns et les autres. Selon des informations dignes de foi, plusieurs clans au sein du parti présidentiel s’affrontent qui voudraient imposer au chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, des cadres militants du FPI. Nos sources avancent que le ministre de l’Economie et des Finances, Paul Antoine Bohoun Bouabré, est en train de positionner son Directeur de cabinet, Aubert Zohoré, au poste de gouverneur de la Bceao. On peut le dire, ce ‘’bras-droit’’ de l’argentier de Côte d’Ivoire a le soutien qu’il faut pour succéder à Charles Banny. Mais le hic ici, c’est que M. Zohoré, qui pourrait être ‘’un bon patron à la Bceao’’ selon certains, n’est pas véritablement connu dans le cercle très fermé des ‘’décideurs du Fpi’’. Il y a aussi que l’actuel Directeur de cabinet du ministre Bohoun Bouabré, pour avoir été mêlé, à tort ou à raison, à la disparition du journaliste franco-canadien, Guy André Kiffer, a vu son image en prendre un coup. Des informations font état de ce que Aubert Zohoré n’est pas en odeur de sainteté avec les autorités françaises, pays dont l’avis est également pris en compte dans le choix de tout gouverneur de la Bceao. A l’opposé du clan Bohoun Bouabré, une autre tendance, celle-là tenue par l’ancien premier ministre Pascal Affi Nguessan, président du Fpi, mise sur le professeur Tchétché N’Guessan. Pour rappel, Tchétché Nguessan a été le Directeur de cabinet d’Affi Nguessan, alors Premier ministre du défunt gouvernement de large ouverture. Agrégé d’Economie et monétariste qui a fait ses preuves un peu partout, il est cependant reproché à l’ancien collaborateur d’Affi Nguessan d’être un militant pas vraiment engagé, qui, aux dires de certains, ‘’n’est pas un homme du Fpi, mais veut faire valoir des considérations tribales’’. Intrigues Originaire de Lakota, le professeur Tchétché N’guessan se présente aujourd’hui comme le leader de la région, après la mort de feu Boga Doudou Emile et la descente aux enfers politiques de l’ancien ministre Lida Kouassi Moïse. De l’avis de certains observateurs, c’est à juste titre que les militants Fpi de Lakota soutiennent Tchétché N’guessan pour le poste de gouverneur de la Bceao. A côté des clans Affi et Bohoun qui se regardent en chiens de faïence, il y a un troisième groupe, celui-là conduit par des cadres Fpi de Gagnoa. Ces derniers souhaiteraient voir l’un des leurs, M. Henri Dacoury-Tablet, actuel représentant de la Côte d’Ivoire à la Banque africaine de développement (BAD), occuper le poste de gouverneur de la Bceao. Les ‘’frontistes’’ de la cité du Fromager auraient même approché le président de la République, Laurent Gbagbo, pour défendre le dossier Dakoury Henri. Ce dernier, faut-il le souligner, est un ancien de la Bceao. Toute chose qui lui est favorable. Seulement voilà, là où les choses se compliquent pour l’actuel représentant de la Côte d’Ivoire à la Bad, c’est quand on évoque ses liens naturels avec Louis André Dakoury-Tablet (son frère aîné), ci-devant secrétaire général adjoint des Forces nouvelles (rébellion armée). Le problème avec Henri Dakoury-Tablet, c’est que des responsables du Fpi, qui n’ont jamais pardonné à Louis Dakoury-Tablet d’avoir pris la tête d’une rébellion armée pour tenter de tuer le Fpi, comprennent mal que le président Gbagbo fasse encore la promotion d’un autre Dakoury-Tablet. Qui, de surcroît, n’est pas, dit-on, un homme du sérail. Ce sont donc ces enjeux et intrigues qui minent en ce moment le parti au pouvoir à quelques mois de la désignation du nouveau gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Reste que le dernier mot revient au président Laurent Gbagbo, qui, selon des indiscrétions, aurait déjà fait son choix. En effet, pour la succession de Charles Banny à la tête de la Bceao, M. Gbagbo aurait porté son choix sur un grand cadre du parti, militant discret autour duquel l’unanimité pourrait se faire au sein du Fpi. Il s’agit du professeur Pierre Dagbo Godé, Directeur général du Centre de promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (Cepici). L’argent et le bruit Ce dernier, à en croire nos sources, aurait été contacté, d’abord par le chargé d’affaire de l’ambassade de France, puis par l’ambassadeur de France lui-même, S.E. Gildas Lelidec. Avec ce dernier notamment, les discussions seraient très avancées. Originaire de Gagnoa, M. Dagbo Godé fait partie des militants ‘’trop intellectuels’’ du Fpi qui, au sein du parti présidentiel, n’appartiennent à aucun clan. Elu en 2003 président de l’Association des agents de promotion des investissements de l’Afrique (IPAWAS en Anglais), Pierre Dagbo Godé a tapé dans l’œil du président Gbagbo pour avoir écrit des ouvrages et fait des travaux universitaires sur la monnaie. Toutefois, l’actuel directeur du Cepici, qui dirige en ce moment une société à genoux, parce que secouée depuis des mois par une crise dont les dessous semblent plus politiques qu’administratifs, pourrait être recalé à la dernière minute. En tout cas, le patron du Cepici éprouvent ces derniers temps d’énormes difficultés avec le cabinet du Premier ministre Seydou Diarra. Il est le seul cadre issu du Fpi à la tête d’une société rattachée directement à la Primature, ce qui expliquerait peut-être ses déboires. Une chose est sûre, c’est que cela fait des mois que les salaires ne sont plus payés au Cepci. Ce, avec le mutisme intrigant du ministre de l’Economie et des Finances, Bohoun Bouabré, qui refuse d’arranger un ‘’adversaire’’ candidat au poste de gouverneur de la Bceao. Tout cela ne fait pas l’affaire du professeur Dagbo Godé dans la guerre de succession à la tête de la Bceao, car le chef de l’Etat pourrait le lâcher au dernier moment. ‘’L’argent n’aime pas le bruit’’, avait averti M. Gbagbo. Les cadres du Fpi, qui se bousculent aux portes de la Bceao, risquent de tout perdre en voulant trop forcer.

(SoirInfo — Vendredi le 8 Octobre, 2004)

— TRA BI Charles Trabsonfr@yahoo.fr —

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