«CRISE DES SUKHOÏ ACTE II » : ET SI LA CACOPHONIE AUTOUR DE LA RÉPARATION DES AÉRONEFS ETAIT UN SABOTAGE DU PLAN MBEKI! – Ivoir' Press
Côte d'Ivoire

«CRISE DES SUKHOÏ ACTE II » : ET SI LA CACOPHONIE AUTOUR DE LA RÉPARATION DES AÉRONEFS ETAIT UN SABOTAGE DU PLAN MBEKI!

«CRISE DES SUKHOÏ ACTE II » : ET SI LA CACOPHONIE AUTOUR DE LA RÉPARATION DES AÉRONEFS ETAIT UN SABOTAGE DU PLAN MBEKI!
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Dimanche 23 janvier. C’est Guillaume Soro qui ouvre officiellement le bal. Le leader des Forces nouvelles conteste depuis son fief de Bouaké la «réparation» des engins volants détruits, le 6 novembre dernier, par l’armée française en «représailles» au bombardement de leur cantonnement. M. Soro affirme avoir appris «par voie de presse» la décision accordée par Licorne et l’Opération onusienne (Onuci) aux autorités ivoiriennes pour la réparation des aéronefs. «C’est un acte grave !», s’exclame le Secrétaire général des mouvements armés.
Le lendemain lundi, alors que se poursuivent les discussions entamées la veille entre le médiateur sud-africain et les responsables du Pdci, du Rdr et Guillaume Soro lui-même à Pretoria, la polémique prend forme à Abidjan à travers les médias. Les uns se félicitent de cette décision des forces impartiales. Un journal annonce même la réparation déjà effective de deux aéronefs dont un hélico de fabrication russe de type Mi-24. Quant aux autres, ils dénoncent avec dureté la «trahison» des forces impartiales et surtout de l’Onu qui autorise, par sa «décision» la violation de la résolution 1572 contenant l’embargo sur les armes en direction de la Côte d’Ivoire.

Hier Mercredi, un des proches de Laurent Gbagbo, ancien ministre de la Défense et aujourd’hui conseiller très écouté du Chef d’Etat ivoirien, est monté au créneau pour donner la position du pouvoir d’Abidjan. Bertin Kadet annonce que ces avions seront réparés et gardés sous la protection des Fanci (Forces armées nationale de Côte d’Ivoire). Sans affirmer l’idée d’attaquer, comme en fin d’année dernière, les positions des ex-rebelles ivoiriens.

Mardi déjà, c’était le tour de Paris, à travers le Quai d’Orsay, de donner de la voix. « …En aucun cas, il n’est fait état de réparations », a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères.

Pourtant, quatre jours plus tôt deux communiqués des Forces impartiales déployées en Côte d’Ivoire, et des Forces de défense et de sécurité (Fds, gouvernement) se voulaient plus clairs. Les deux documents sont en effet unanimes sur le fait que l’état-major des Fanci a sollicité et obtenu «l’autorisation» de ramener quatre aéronefs dont deux totalement hors d’usage, de Yamoussoukro à Abidjan. Le communiqué des Fanci précise que «le rapatriement des aéronefs sur Abidjan participe du regroupement des armements majeurs tel que défini par le Plan Conjoint des Opérations (Pco) arrêté d’un commun accord, le 9 janvier 2004 à Yamoussoukro. Tandis que celui de Licorne et Onuci indique que «l’ensemble des aéronefs ainsi regroupés sera sous contrôle permanent de l’onuci ».

Nulle part, dans les deux textes, il est fait mention de réparation des aéronefs endommagés. Peut-être faudrait-il lire cette disposition dans l’esprit…ou dans la souche (la correspondance des Forces impartiales adressée aux Fanci le 5 janvier) de ces textes. En effet, à moins qu’ils ne soient contraires à la mesure d’embargo sur les armes, les communiqués ne s’opposent pas à la remise en état des engins. Et les déclarations du porte-parole des Fds, le Lt-Colonel Jules Yao Yao, ne font que confirmer qu’un esprit a existé autour de la production des communiqués. Le Colonel Yao Yao a en effet déjà expliqué à plusieurs médias, aussi bien nationaux qu’étrangers que la réparation des Sukhoï et Mi-24 ne vise qu’à maintenir le niveau des pilotes ivoiriens et (re) doter l’Etat de Côte d’Ivoire de moyens de défense, au-delà de toutes contingences partisanes.

Dans tous les cas, cette «crise des Sukhoï», tout comme la première, ne manque pas de gripper fortement le processus de paix. Là où le pouvoir ivoirien peut penser avoir glané des points, les ex-rebelles ne veulent pas en perdre. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas perdu de temps à annoncer des mesures, prenant prétexte de cette situation. Guillaume Soro et ses hommes viennent de décider un «embargo» sur le coton en direction d’Abidjan. Cela, pour disent-ils priver le pouvoir de ressources devant servir à l’armement. Cette mesure est accompagnée d’une levée de taxe pour d’autres produits devant quitter le nord pour la partie sud. Avouons que tous ceci, au-delà de l’objectif affiché, peut permettre aux mouvements armés de renouveler la partie de leur arsenal qui aurait été détruite dans les bombardements de novembre. Avec la possibilité, bien entendu, d’accroître les moyens militaires et politiques déjà disponibles.

Au finish, le début du cantonnement des Forces et donc du désarmement, le 6 février prochain, comme prévu par le plan Mbéki a très peu de chance d’être maintenu. Et comme l’affirme l’adjoint à l’envoyé spécial de Kofi Annan, Mister Doss, les chances de tenir les échéances électorales dès octobre prochain deviennent très minces.

Frat-mat – 27/01/2005

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