Au nom de tous les Badolo! – Ivoir' Press
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Au nom de tous les Badolo!

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Badolo, Badolo, Badolo on n’a d’yeux que pour toi ces temps-ci. Badolo par-ci, Badolo par là. Tu dois avoir mal de savoir qu’à cause de toi, on oublie les victimes du charnier, les victimes de décembre 2000, Benoît Tabley, Camara H et bien d’autres.

Puisque là où tu es, tout le monde est sur le même pied, tu dois également sympathiser avec Boga Doudou, Robert Guéi, Dagrou Loula, Daly Oblé et bien d’autres, et déplorer avec eux qu’on ne parle que de toi, que de Badolo. Sans doute vous êtes d’accord sur cette vérité : Si les hommes politiques de ce pays étaient nés à la vertu et à la responsabilité depuis longtemps, ils auraient évité beaucoup de choses, et tu ne serais pas mort. Mais que veux-tu qu’il se passe lorsqu’après le charnier et 57 morts en octobre 2000, on a trouvé des raisons de non rupture et la vie a continué. Le Rdr était seul à se battre contre l’imposture. Nos amis houphouétistes du Pdci n’ont pas trouvé cela grave. Mais pour ta seule mort, ils produisent un communiqué avec le G7 et font une conférence de presse. Tu vois bien que beaucoup de gens en rient. Le 25 mars 2004, il y aur ait eu 500 morts selon le G7, mais à Accra, on a plutôt exigé le retour de ministres limogés, là où l’attachement à des valeurs exigeait de ne plus jamais s’asseoir à la même table avec Laurent Gbagbo. On devait lui laisser son pouvoir et refuser de cautionner son imposture pour pleurer les morts en attendant la justice de Dieu. Badolo, tu vois, dans notre pays, tout le monde a fermé les yeux sur la méchanceté, la jalousie, les mensonges, les volte-face, l’injustice et sur l’imposture. Même tes amis utilisent ta mort comme une bonne occasion pour faire la politique et pour acculer le régime. Trouves-tu cela bien sérieux ? Moi je crois pourtant que tu n’as rien à voir avec notre histoire de politique. Tu étais certes chez Ado, mais tu n’étais pas dans les histoires de politique. Tu es victime à tort ! Ce n’est pas normal, mais on a déjà accepté trop de choses anormales dans notre pays. Tout cela va-t-il prendre fin désormais, avec ta mort ? Je le souhaite, et je profite pour condamn er avec vigueur les auteurs de ton assassinat. D’où qu’ils viennent, quelles que soient leurs raisons, je les condamne et je demande au Très Haut et au Seigneur de leur réserver certes le plus terrible, mais surtout le plus juste des châtiments. Tu vois, ils n’ont même pas eu de respect pour ta dépouille. Ils t’ont jeté dans la lagune, comme un vulgaire déchet, alors que Kieffer est introuvable. Tu vois comment, on aurait pris soin du Blanc. Jean Hellène, on a vite couvert son corps, on n’a jamais vu de près l’image de son visage de mort. Mort n’est pas mort. Il y a des corps qu’on respecte mieux que d’autres. Robert Guéi par exemple, son corps oublié est partout et sur toutes les unes des journaux. Alors que la dépouille de Boga Doudou est honorée. La photo du ministre d’Etat ne fait pas la  » Une  » des journaux. Sans doute évoquerez-vous cela là où vous êtes. Cet endroit est pour moi le paradis, car la lâche manière dont tu as été assassiné vaut absolution pour tous les pêchés que tu aurais commis sur terre. Ta place est au Paradis, Badolo.

Adieu Badolo Jean-Marc et repose en paix, au nom des nôtres qui sont morts, au nom de tous les nôtres, au nom de tous les Badolo.

Amina, Amen !
11 octobre l’Intelligent d’Abidjan

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