Alphonse Djédjé Mady (Pdt du directoire du G7) : “Désarmer par la force ne donne pas la paix” – Ivoir' Press | Presse & Portails de la Côte d'Ivoire
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Alphonse Djédjé Mady (Pdt du directoire du G7) : “Désarmer par la force ne donne pas la paix”

Alphonse Djédjé Mady (Pdt du directoire du G7) : “Désarmer par la force ne donne pas la paix”
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Face au blocage du processus de réconciliation nationale, le G7 était le 10 octobre dernier face à la presse. Le président du directoire, le professeur Alphonse Djédjé Mady après sa déclaration liminaire qui accuse le Président Gbagbo de cette situation, a répondu aux questions des journalistes. Ici l’intégralité de son entretien avec la presse.

AHUA (AIP)
Le président de la République et le président du groupe parlementaire du FPI ont estimé que le désarmement et le vote des lois des réformes juridiques ne sont pas liés. Aujourd’hui, vous faites le constat que tant que ces lois ne sont pas votées, cela pourrait porter préjudice (…). Est-ce que vous estimez que le désarmement doit être une conséquence du vote préalable des lois juridiques ?
Je souhaiterais avec vous, jouer le rôle de l’ivoirien soucieux de l’avènement de la paix dans ce pays. Je crois qu’on vous a inculqué à longueur des mois, à longueur des années qu’on est au delà de la deuxième année de la situation de notre pays. Les frères ivoiriens qui ont le droit de la paternité de la rébellion, ont fait connaître leurs préoccupations de deux (02) ordres. La première préoccupation essentielle est la crise identitaire qualifiée par ce qu’on a appelé la xénophobie, le fait que des personnes considèrent qu’on ne les considère pas comme des Ivoiriens à cent pour cent, ayant pleinement leur droit. Fondé ou pas fondé, c’est un grief qui existe. Le problème est identifié et a amené la communauté internationale à qualifier la Côte d’Ivoire de xénophobe. Ceux qui ont revendiqué la responsabilité de la rébellion, ont également affirmé que les déroulements des élections depuis le départ de Félix Houphouët-Boigny jusqu’au mois d’octobre de 2000 sont sujet à caution. Il y a eu de la violence. D’abord, le Front républicain en 1995 et ensuite les événements de 2000 quand les élections se sont déroulées entre le général Guéi, paix à son âme et Laurent Gbagbo et d’autres candidats. Vous savez certainement. C’est la suite de ces griefs qui ont entraîné, deux (02) ans après le mandat de Laurent Gbagbo, les événements des 18 et 19 septembre 2002. Des négociations qui ont été entamées à Lomé se sont montrées infructueuses et on s’est retrouvé en France où un accord a été signé après des années de grèves. Quelques individus, ont pris des armes pour un problème donné. De quelle manière doivent-ils laisser tomber les armes ? C’est un contrat de confiance. C’est ce qu’on appelle la solution politique aux problèmes. Le pays est en crise. Comment fait-on pour régler ces points litigieux pour revenir à la paix ? On a donc, d’abord signé un pacte. Dire ce qu’il faut faire pour résoudre le problème identitaire, la modification du code de nationalité pour permettre à tous les ivoiriens ou à toutes les personnes vivant en Côte d’Ivoire qui pensent qu’elles méritent d’être ivoiriennes, de le devenir conformément à la loi, en suivant une procédure bien précise afin que le problème d’identification se dégage. Par rapport à cela, il y a la modification du code de nationalité, il y a la loi sur l’identification des personnes. L’identification des personnes veut dire que le gouvernement de réconciliation nationale s’engage conformément aux accords de Linas Marcoussis et d’Accra III, à dire en Côte d’Ivoire, qui est Ivoirien, qui n’est pas Ivoirien. Seul existe le droit des uns et des autres parce que ce n’est pas un crime de ne pas être ivoirien et de vivre en Côte d’Ivoire. il y a des nationaux et des non nationaux. Chacun ayant ses droits. Il y a des droits du citoyen. Pour cette loi, on est en accord de principe sur l’identification des personnes. Mais la nationalité, qui constituait un des points de préoccupation des parties convient au problème des conflits électoraux. On a dit « d’accord, il faut prendre un certain nombre de mesures pour qu’en octobre 2005, il n’y ait plus de conflit au niveau des élections. Qu’on reparte aux élections quand le mandat du Président sera terminé pour que dans la transparence, je dirais même sourire aux lèvres, une fleur au chapeau, on aille voter et que la Côte d’Ivoire désigne qui doit diriger ce pays. Ce texte proposé pour la modification de la Constitution pour que tout le monde ait l’assurance d’aller aux élections, n’est pas voté. Rien n’est fait. L’accord de Linas Marcoussis, dont le mode d’emploi précis a été déterminé à Accra III, fait qu’aux dates fixées (pour une fois nous avons la signature le Président de la République) on se rend compte que ce texte n’est passé. On a la nette impression que chacun prêche dans le désert. En courant ceci, en courant cela, ça rassure et on aboutit, plus particulièrement, au désarmement. Même si vous ne pensez pas avec moi que ce soit une condition sine qua non, mais vous ne pensez pas aussi avec moi que si on avait privilégié le code de nationalité dans l’intérêt de la paix, conformément au compromis politique qui a été signé, si on avait modifié l’article 35 d’une manière ou d’une autre, si toutes les fois on procédait par l’accord avec ce qui est adopté par l’Assemblée Nationale, depuis le désarmement serait un jeu d’enfant, parce que c’est une phase à laquelle on arrive naturellement et qu’il n’y a pas au bout de cette phase un seul individu ou un seul parti qui soit opposé au désarmement, à la réunification du pays. Pour que tactiquement, l’autorité de l’Etat soit rétabli sur toute l’étendue du territoire, parce que ce serait impardonnable de se dire parti démocratique, voulant des élections et souhaiter en même temps que les gens ne désarment pas. Ce n’est pas possible. En posant un certain nombre d’actions, un certain nombre d’actes, on a cru avoir la confiance. C’est la énième fois que je le répète aux journalistes ivoiriens. Comprenez que nous comprenons qu’un accord politique, n’est pas un accord parfait. Mais c’est le moindre mal. Nonobstant la nécessité de ce processus qui conjugue les efforts législatifs et désarmement, soufrez quand même que l’on puisse vous dire que le désarmement, la démobilisation, la réinsertion n’est pas un jeu d’enfant où à un moment précis, un jour précis, à une heure précise, un lieu précis on dit présentez les armes et on présente les armes et puis on les dépose. Ce n’est pas cela. C’est un processus compliqué qui nécessite une étude technique que l’on applique dans le monde entier, où malheureusement il y a eu la guerre. C’est un processus. Il ne se fait pas en un jour précis. Il commence et il se prolonge dans le temps. J’ai eu à dire que le désarmement lui-même est en cours. Puisque le DDR travaille pour arrêter les conditions du déroulement du désarmement. Des séminaires ont eu lieu entre militaires loyalistes et rebelles des forces nouvelles en présence des forces Licorne et de l’ONUCI. Il y a eu des rencontres, des séminaires, des documents existent. A un moment donné, on avait fixé le désarmement au 08 mars 2004. On avait déterminé 17 points de cantonnement. On a demandé qu’on sorte du territoire les armes lourdes. Tout cela fait partie du désarmement. On va arriver au fait après qu’on compte les militaires réguliers qui sont dans la rébellion pour leur réinsertion dans l’armée régulière. Et qu’on procède aussi à la réinsertion de ceux qui ne sont pas des militaires réguliers qui se trouvent avec les Forces nouvelles pour savoir ce qu’on doit faire d’eux. et puis il y a le fait qu’il y a des étrangers. Je n’ai aucun élément, des expériences existent par-ci, par-là. Il faut prendre des dispositions avec la Communauté internationale pour les envoyer chez eux. Ensuite ça nécessite également la supervision des limites du pays. Des gens qui ont des armes, des gens qui mènent des activités militaires alors qu’ils ne sont pas de l’armée, ne sont pas des forces de défense et de sécurité. Tout cela se fait progressivement. Et toutes ces mesures doivent être concomitantes. Je ne crois pas que dans sa situation, le DDR ait attendu qu’on vote toutes les lois avant de commencer puisque tout ce que je viens de dire, est fait avant Accra III. Nous demandons simplement, dans l’intérêt de la paix, qu’il soit fait en sorte que des mesures d’accompagnement contenues dans l’accord, soient prises pour satisfaire tout le monde. Messieurs les journalistes, je voudrais vous lire le communiqué du nouvel ambassadeur des Etats unis qui vient de prendre poste, il n’y a pas plus longtemps que cela. Il arrive du Congo Kinshassa, quand il a entendu, le G7, il a dit ceci  » le plus grand fléau qui détruit l’Afrique ce n’est pas le Sida, c’est la méfiance « . C’est la méfiance notre fléau. Qu’est-ce qu’on peut faire à défaut d’annuler la méfiance, de la ramener dans des proportions susceptibles de permettre de vivre ensemble et de redonner les apparences d’une co-existence pacifique jusqu’à ce que ces apparences deviennent réalité ? Nous pensons au G7 que cette conjugaison du désarmement se fait pas à pas en faisant à chaque instant, ce qu’il faut faire. Vous êtes de la presse, vous êtes mieux informés que nous. Puisque c’est dans vos colonnes que nous lisons. Vous savez, c’est à l’instar de ce qui s’est passé le 04 juillet 2003 sur l’initiative des forces de Défense et de Sécurité et des forces armées des Forces nouvelles ,le Président de la République, le Premier ministre, les signataires des accords de Marcoussis et autres personnalités sont invités demain(NDLR) à Yamoussoukro. Je vous ai dit que c’est pour cela que nous sommes là. Donc le problème pour nous, c’est cela. Et quand Accra III a souhaité qu’en fin septembre au plus tard, c’est-à-dire que quand la session extraordinaire va clore ses travaux, il faut que tous les textes issus de Linas Marcoussis aient été adoptés. Y compris l’article 35. Et que nous ayons ce document. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et que le même sommet dit que tous les textes de Linas Marcoussis qui seront adoptés au plus tard le 31 août, nous pouvons aller jusqu’au 30 septembre et le désarmement commence le 15 octobre. Si vous n’avez rien fait dans la première période, vous ne pensez pas que vous compliquez la suite de l’opération ? Moi, modestement, je suis médecin pour soigner votre paludisme. Si je vous mets sur nivaquine, je vous dis 2, 3 fois par jour pendant deux (02) jours., deux (02) fois par jour pendant deux (02) jours, 1, deux (02) fois par jour pendant deux (2) jours ça fait dix (10) jours, ça fait 24 comprimés de nivaquine. Vous prenez le premier jour 6, le deuxième jour 4, le troisième jour 4, 4 le quatrième jour, 2, le cinquième jour et 2, le sixième jour. Et puis vous ne commencez pas le traitement le premier jour, ni le deuxième jour. Vous commencez à prendre le traitement du 3ème, 4ème, 5ème, 6ème. Le 7ème jour vous venez me voir pour dire « mon palu n’est pas guéri ». Je dis donc comment vous avez pris les médicaments. Vous dites je n’ai rien pris et puis j’ai attendu les quatre (04) derniers jours. Alors je comprends pourquoi vous n’êtes pas guéri. Non seulement vous n’êtes pas guéri mais vous faites partie des patients qui créent des résistances aux médicaments. Voilà mon frère, ce que je souhaiterais que nous analysions ensemble. Qu’est-ce que nous pouvons faire ? Si on faisait chaque chose à son temps, est-ce que ce ne serait pas mieux ? C’est notre vision des choses.

Nazaire Séry (Courrier d’Abidjan)
M. le président, dans vos propos liminaires, vous avez dénoncé la non application des accords d’Accra III du fait du manque de volonté politique du Président de la République. Pensez-vous singulièrement au G7 avoir appris lesdits accords ? Malgré ces manquements que vous avez dénoncés, le G7 a-t-il une action en cours. Sinon que compte-t-il faire ?
Sinon, qu’est-ce que vous voulez ? C’est extraordinaire. On peut être partisan, mais quand on est de la presse, il y a un minimum à observer. Voilà Notoua Youdé, président du groupe parlementaire UDPCI, voilà Gaston Ouassenan Koné, président du groupe parlementaire PDCI. Solidarité n’est pas là cet après midi pour des raisons que nous connaissons. Ils ont constitué la mouvance parlementaire qui soutient que pour qu’on aille à la paix, faisons des sacrifices d’adopter les textes qui peuvent ramener la paix. Malgré le droit d’amendement, qu’ont les députés. Mais si ce droit d’amendement doit amener le processus à ne pas avancer, il faut l’éviter. Qu’est-ce qui fait que le droit d’Etat qu’on a pris maintient le désordre, la haine, la violence au sein d’une société? La bonne loi, c’est celle qui fait vivre. On a trouvé un compromis politique. Je répète, un compromis politique,ça veut dire que ce n’est pas la meilleure solution. Mais c’est le moindre mal. Pardon « Ya ya ya », « yatchi ». Il faut accepter de faire quelques sacrifices pour qu’on sorte de la crise. Vous suivez le débat. Quand le président de l’Assemblée Nationale dans son discours de la dernière rentrée, demande que les députés contestent le contenu des textes venant du gouvernement. Par principe il demande absolument que ça soit comme cela. Eh Dieu ! Alors vraiment qui veut noyer son chien, l’accuse de rage. Il paraît que G7 veut qu’on applique Marcoussis pour aller à la paix. Quand j’étais dans le gouvernement d’Houphouët-Boigny, dans certains moments, on voulait tellement exprimer nos positions qu’il disait, « mes enfants, personne ne légifère pour l’éternité ». Un texte, c’est pour dénouer une situation précise. Si les évènements changent, si le contexte change, on change le texte. C’est Dieu qui a fait que les dix (10) commandements ne changent pas. Mais toutes les lois du monde sont susceptibles d’amendement. Cela permet à la société d’aller de l’avant et de vivre en paix. Un texte de loi, il est circonstanciel. Nazaire, dis aux ivoiriens qu’on a des sacrifices à faire. Qu’on peut accepter quelque chose qu’on n’aurait jamais accepté en temps normal. C’est ça le sacrifice et je viens de te dire que les actes à poser pour arriver au désarmement sont importants. Nous sommes tous des hommes, je voudrais vous rappeler que Houphouët-Boigny nous a enseignés que quand il y a un problème, il vaut mieux commencer par le dialogue.. Il y a suffisamment de morts comme cela, arrêtons-nous et que le dialogue résolve les autres difficultés. Il n’y a pas bonnes propositions en soi. La meilleure proposition, c’est celle pour laquelle on se donne les moyens pour sa réalisation. Donnons-nous les moyens de réaliser nos propositions..

Laurent Nahounon (Intelligent d’Abidjan)
Ma question est à trois (03) volets. Le premier concerne l’actualité politique sur l’amendement de l’article 35. Je crois que vous avez dit que l’accord politique n’est pas un accord parfait, mais que les textes que Marcoussis a proposés, il fallait qu’ils soient proposés à l’Assemblée Nationale. Vous parlez aussi des élections qui doivent être ouvertes à tous. Est-ce qu’on doit comprendre par là que pour les élections de 2005, on ne devrait pas déposer de dossier.
Je l’ai dit tout à l’heure, oui, c’est regrettable de constater que parmi les parlementaires du G7, il est des mercenaires. Des députés qui ne sont plus fidèles à leur groupe. Qui trahissent la confiance que le peuple a placée en eux. Puisqu’ils ont été élus sous la bannière du PDCI-RDA, sous la bannière de l’UDPCI où ils se sont retrouvés volontairement dans le groupe Solidarité. Et si la loi ivoirienne a prévu l’existence du groupe, ça traduit l’existence de partis politiques. ce sont donc des gens qui trahissent leurs familles politiques c’est le Président Laurent Gbagbo qui a dit dans vos colonnes « si je savais qu’il était aussi facile d’acheter les hommes, je n’allais pas acheter tant d’armes ». Il l’a dit. Il y a des hommes qui peuvent être achetés, et qui votent contre leur propre parti. Malheureusement ça existe. Sur papier, nous sommes les plus nombreux. Mais comme on a réussi à acheter certains d’entre vous, ils votent contre leur conscience, ils votent contre leur parti politique. je le regrette amèrement et pour l’avenir, je ne sais pas quelle solution que nos différents partis ont pour choisir des candidats. S’agissant des conditions d’éligibilité, ne me posez pas cette question, parce que vous êtes sensé être parmi ceux qui lisent pour informer la population. Nous demandons l’application de l’accord de Linas Marcoussis et d’Accra III.. Comme le dit le président de la république à juste titre, c’est le seul projet de texte de loi dont la rédaction a été faite à Marcoussis. Donc il y a le texte que Marcoussis a proposé qui fixe les conditions pour être éligible. Ce texte a été adopté. Marcoussis a dit en outre que pour être candidat, au lieu d’être âgé de quarante ans au moins, il faut être âgé de trente cinq ans au moins. Le texte existant a dit qu’au delà de 75 ans on ne pourrait plus être candidat. Le projet de texte n’émet pas d’âge limite. Marcoussis a dit par rapport à l’existant, comme il faut être ivoirien d’origine, vous savez ce que c’est c’est à dire que celui qui naît, il a au moins un parent ivoirien au moment de sa naissance, c’est cela qu’on appelle ivoirien d’origine. Donc, il faut être soi-même ivoirien d’origine pour être candidat. Et Marcoussis a ajouté, contrairement au texte existant, né de père ou de mère ivoirien d’origine. N’avoir à l’exclusivité que la nationalité ivoirienne. Voilà les principales conditions contenues dans la modification. Donc au stade actuel, un naturalisé ne peut pas être candidat. Celui qui a double nationalité ne peut pas être candidat. Donc ça ne veut pas dire qu’on va jouer à un jeu sans règle. L’accord de Linas Marcoussis a proposé un texte. Et ça rassure tout le monde que ceux qui entrent dans ce cadre là, pourront aller aux élections. C’est de cela qu’il s’agit. Et comme tu as confondu savamment, je comprends, tu représentes « l’Intelligent d’Abidjan ». L’Article 35, quand on voulait l’envoyer au référendum, on a dit qu’il doit être adopté avant le 30 septembre. Mais comment ?
Comme chacun prend ce qui l’arrange, quand on est revenu de Marcoussis, le Président de la République a voulu envoyer trois (03) textes au référendum. La modification de la Constitution en ce qui concerne l’article 35, le foncier rural et le problème de la nationalité. Tous ici, nous avons dit qu’il y a un texte qui doit aller au référendum. L’article 35. Ca, vous l’avez entendu. Mais comme il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, il y en a qui disent que le G7 ne voulait pas. Seul l’article 35 au référendum. Ça ce sont les clauses qu’ils ne veulent pas entendre. Quand on est parti à Accra, l’encadrement de la Communauté internationale a fait état du fait que, conformément aux compétences dévolues au Chef de l’Etat par la constitution, il faut que tous les textes, y compris l’article 35, soient adoptés avant le 31 août, date qu’il faudra prolonger jusqu’à la fin de la session extraordinaire. Quand le Président a signé ce texte-là, ça voulait dire quoi ? Qu’en août et septembre, on avait la possibilité d’organiser un référendum ? Ou alors quoi ? Je veux comprendre. Ça voulait dire qu’il allait limiter ses compétences que lui confère la constitution. En signant ce texte-là, je ne pense pas qu’il croyait que dans les deux (02) mois là, un référendum aurait été possible. Le G7 demande le respect de tous ces accords signés. Maintenant, c’est ça la complexité des sciences humaines qui ne sont pas sciences exactes. Devant la même phrase, chacun tient à sa compréhension et il fait sa démonstration possible. Il y en a qui disent, c’est ça qu’on doit faire. Quelque fois, il y a des gens qui semblent irrités parce qu’on dit que tous les textes de Marcoussis doivent être votés au cours de la session extraordinaire, y compris l’éligibilité conformément à la lettre du Gouvernement de réconciliation nationale. Je ne sais pas qu’elle autre compréhension on attend avoir de « le 30 septembre au plus tard tous les textes issus de Marcoussis seraient adoptés d’une manière ou d’une autre ». Encore une fois au cours des négociations, on peut ne pas être d’accord sur un point et puis on discute, on discute, on discute et on tombe sur une position. Mais la position sur laquelle tout le monde est d’accord, il faut l’appliquer. Si chacun admet à sa guise les conclusions, alors ce n’est pas la peine de les étudier.

Bandama Jean Jaurès
(Le Front)
M. Le Président, le constat est clair, c’est le Président Laurent Gbagbo et le FPI qui posent problème aux accords de Linas Marcoussis et d’Accra III. Nous savons,M. Le président que c’est au vu de ces accords que le G7 a désigné des ministres au gouvernement de réconciliation nationale. Alors M. le président, si les blocages continuent, est-ce que le G7 attend retirer ses ministres comme il l’a fait au mois de mars dernier ? La deuxième préoccupation M. le président, je voudrais savoir si vous avez l’impression que le président Gbagbo manœuvre pour ne pas organiser les élections en 2005. Deuxième question, le G7 au mois de mars dernier, a organisé une marche qui a été réprimée dans le sang. Nous nous retrouvons dans la même situation de blocage des accords. Alors que va faire le G7 pour dénoncer cette situation. Quelles sont les sanctions que le G7 prévoit à l’endroit des députés corrompus à l’Assemblée.
Le G7 est pour l’organisation d’élections susceptibles d’amener une paix durable en Côte d’Ivoire. Le G7 a confiance pour que l’accord de Linas Marcoussis sorte du pays du désarroi dans lequel il se trouve. Le G7 use de tous les moyens à appliquer l’accord de Linas Marcoussis dans l’intérêt des individus. Mais l’éventualité des candidats, le directoire n’en a pas encore débattu. Je ne suis pas autorisé à donner mon point de vue sur la question. Si c’était le cas, le directoire avisera. Mais pour le moment, nous espérons que malgré les blocages, il faut être serein. Pour votre deuxième préoccupation, est-ce que le Président Gbagbo ne veut pas d’élections ? Ah. Non je ne crois pas. Est-ce que vous n’entendez pas les déclarations du Président Gbagbo ? Il dit, j’ai fait 30 ans dans l’opposition. Je n’ai jamais pris d’arme, même pas un couteau. Parce que je voulais arriver au pouvoir par les urnes. Donc il ne peut se maintenir au pouvoir que par les urnes. Il sait que son mandat finit en octobre 2005. S’il n’y a plus d’urne, il n’y a plus de pouvoir. Donc je crois qu’il ne faut pas prêter d’intention que le Président Gbagbo ne peut jamais avoir. On ira aux élections. Ni le PDCI, ni le RDR, ni le MFA n’ont d’arme. Je le répète dans le G7, ces quatre (04) partis que je viens de citer ne collaborent avec les forces nouvelles qu’au niveau de leur branche politique. nous n’avons aucun contact avec leur état-major aucun. Nous travaillons avec les responsables politiques des forces nouvelles. Nous ne pouvons pas envoyer nos militants à l’abattoir sans un minimum de sécurité. C’est un souci collectif. Si nous avions la certitude que dans cette Côte d’Ivoire on pouvait tirer à balles réelles sur ses propres enfants, nous n’aurions pas autorisé cette marche. Mais nous avions la certitude que le ministre de la sécurité intérieure n’allait pas nous envoyer des sandwichs et des fleurs. Nous avions la certitude qu’on aurait eu droit à beaucoup de gaz lacrymogène, à beaucoup de balles en blanc, à des coups de matraques. Ça, il faut être fou pour penser que ces caresses-là au moins, on pouvait s’y attendre. Mais quand on envoie des gens qu’on ne trouve pas en activité pour tirer réellement sur la foule, il faut réfléchir deux (02) fois. Nous n’avons pas besoin d’holocauste.

Fofana Amadou
(Les Nouvelles)
M. le président, que faites-vous face aux rackets, face aux tueries, que fait la direction du G7 pour rassurer la population ivoirienne. Le deuxième volet de ma question est de demander votre point de vue sur la politique et la morale.
Par rapport aux droits de l’homme, les signataires de Linas Marcoussis ont exigé, dans la forme, de Linas Marcoussis la mise en place d’une commission internationale que les Nations Unies devraient mettre sur pied pour organiser une enquête sur les violations des droits de l’homme et prendre les sanctions qui en découlent .Comme les ivoiriens ont apparemment la mémoire courte, devant la commission des droits de l’homme, nous avons demandé que des sanctions soient prises. Au niveau du G7, après les évènements de mars, nous avons demandé la même chose. Les résultats ont été publiés. Mais il n’y a pas de sanctions parce qu’on n’a pas de moyen de pression, on n’a pas d’armée. On ne peut que se plaindre. On ne peut qu’attirer l’attention de la Communauté internationale. Pour ce qui s’est passé au domicile du président Alassane Dramane Ouattara, j’ai fait publier la déclaration du G7 sur la violation des droits de l’homme. Nous n’avons pas le pouvoir de décider. Je suis le porte voix du G7. Djédjé Mady n’a pas de point de vue sur ce point. Encore que je me pose la question si politique et morale n’ont pas un champ d’interférence.

Bakary Yéo
(le journal des journaux)
Le ministre Amani N’Guessan avait dit qu’il faut affamer les populations des zones rebelles afin que la guerre finisse. Quelle a été la réaction du G7. N’avait-il pas de moyen de pression ?
S’il s’agit du ministre de l’éducation nationale, il est bien placé parce que sa famille d’origine se trouve dans cette zone. S’il pense que c’est quand les populations auront faim et soif qu’elles vont se soulever, en contrario il affirme que si elles ne se sont pas encore soulevées, c’est qu’elles n’ont pas faim et soif.
Propos recueillis
Par Djè. K. M
Le Nouveau Réveil – 12/10/2004

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