ACCUSÉS D’AVOIR DÉTOURNÉ 57 MILLIONS DE FRANCS : 8 AVOCATS RADIÉS DU BARREAU D’ABIDJAN – Ivoir' Press | Presse & Portails de la Côte d'Ivoire
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ACCUSÉS D’AVOIR DÉTOURNÉ 57 MILLIONS DE FRANCS : 8 AVOCATS RADIÉS DU BARREAU D’ABIDJAN

ACCUSÉS D’AVOIR DÉTOURNÉ 57 MILLIONS DE FRANCS : 8 AVOCATS RADIÉS DU BARREAU D’ABIDJAN
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Treize avocats du barreau ivoirien sont impliqués dans une affaire d’escroquerie portant sur une somme de plus de 57 millions de francs au préjudice du greffe du tribunal de première Instance d’Abidjan Plateau. Grave manquement à la déontologie de cette noble profession pour lequel le conseil de l’Ordre des avocats n’est pas allé de main morte. Au terme d’un conseil de discipline tenu au siège du conseil toute la journée du mardi 21 septembre, il a été décidé la radiation pure et simple du barreau ivoirien de huit des mis en cause dont la culpabilité est avérée. Disons, pour être plus explicite, que ces derniers ne sont plus habilités à exercer en qualité d’avocats sur le territoire ivoirien. Les avocats ainsi frappés par cette lourde sanction, unique en son genre dans l’histoire du barreau de Côte d’Ivoire, ont pour noms : Maîtres Aboa Jean Serges, Sery Lokpo Charles, Goï Bi Iriet Raoul, Armah Azaneh Benjamin, Kouamé Yves Armand, Aliman John N’Da, Koffi Alain Jean et Minta Daouda. En plus des radiés, trois écopent de la suspension d’activités d’avocat pendant un an. Il s’agit de Mes Yao Douatenin, Kouyaté Lamine et Gbougnon Jean. La sanction la plus légère est appliquée à Me Singo Tia Paul Omer frappé d’un blâme. Le dernier de la liste des treize, qu’il n’est pas nécessaire de citer, parce que, reconnu innocent par le conseil, a été tout simplement disculpé. De fait, comment les douze autres, maintenant devenus anciens membres du barreau en sont-ils arrivés là ?

Comme indiqué au début, c’est dans les comptes du greffe d’Abidjan que cinquante sept millions neuf cent soixante six mille neuf cent soixante dix sept francs (57.966.977) ont été ainsi soutirés. Cet argent provient des fonds destinés à la restitution. En effet, lorsqu’une affaire (qu’elle soit civile ou pénale), entamée devant la justice n’arrive pas, pour une raison ou une autre, à son terme, les frais de consignation et de tout autre acte, payés au greffe, sont intégralement remboursés à celle des parties qui les avait versés. Mais, avant de se faire rembourser, le justiciable ou son avocat rapporte au greffier chargé des consignations civiles et pénales, les éléments relatifs à la radiation de l’affaire pour laquelle le remboursement est exigé. Et c’est au vu du récépissé de remboursement comportant la signature de son collaborateur habilité à vérifier l’authenticité du dossier que le greffier en chef délivre le chèque du montant exigé. C’est donc munis de faux récépissés de remboursement que les douze avocats se sont fait remettre différentes sommes d’argent. Le pot aux roses aurait été découvert quand le premier responsable du greffe, Me Zedia Bi Bali, greffier en chef et émetteur des chèques, a trouvé bizarre qu’en deux mois (janvier et février 2004), c’étaient pratiquement les mêmes avocats qui se présentaient devant lui pour des restitutions d’argent. Cherchant à y voir clair, le greffier en chef qui avait déjà décaissé plus de 57 millions de francs constate que les affaires pour lesquelles les avocats se sont fait servir n’existent guère.

Or dans ce laps de temps, et en plusieurs étapes, les avocats en question se sont servis respectivement pour : Me Aboa Jean Serges la somme de 7.036.040 F, Me Sery Lokpo Charles 5.521.015 F, Me Goï Bi Iriet Raoul 5.573.800 f, Me Armah Benjamin Azaneh 3.301.339 F, Me Kouamé Armand Yves 6.049.500 F, Me Aliman John N’Da 7.554.281 F, Me Koffi Alain Jean 3.434.871 F, Me Minta Daouda 2.407.500 F, Me Yao Bouatenin 5.688.731 F, Me Kouyaté Lamine 6.363.500 F, Me Gbougnon Jean 2.373.800 F et enfin Me Singo Tia Paul Omer 498.800 F.

Pour percevoir ces sommes, ces ex-avocats, usant de faux documents, auraient bénéficié de la complicité de Me Yoboué N’Guessan Georges, le greffier justement chargé des consignations civiles et pénales au moment de la commission de ces faits au sein dudit greffe. Ce dernier est le signataire des “ bons ” frauduleux de payement avec lesquels les avocats fautifs et leurs complices ont pu se faire servir. Mais, il se trouve que Me Yoboué qui ne serait plus à ce poste, nie toute responsabilité, arguant que sa signature aurait été imitée sur les récépissés dont se sont servis les avocats fautifs.

Grâce à l’implication personnelle du chef du Barreau, Me Claude Mentenon, trois des mis en cause ont entièrement remboursé les sommes qu’ils ont ainsi volées. Trois autres en ont avancé une bonne partie. Les six derniers n’ont encore rien payé. Au-delà de la sanction disciplinaire que vient de prendre courageusement le Conseil de l’Ordre des avocats, les avocats dont le comportement rime avec délinquance de haut niveau, ne sont pas à l’abri d’une poursuite devant la juridiction pénale, étant entendu que les sommes volées appartiennent à des justiciables. Il n’est donc pas exclu que ceux-ci ou le greffe portent plainte contre eux pour escroquerie.

Auteur: Landry KOHON

(Fraternite-Matin 23/09/2004)

 

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1 Comment

  1. Asmaa

    23 août 2015 at 6 h 15 min

    Le niveau de de9sinvolture des cotnemmateurs de la crise ivoirienne me de9passe Ainsi, Kiss Kool e9crit (e0 propos de l ONU) : Pourquoi un tel inte9reat pour la Cf4te d’Ivoire ?Mais tout simplement parce que Gbagbo avait demande9 e0 l ONU de superviser et certifier l e9lection !Comme toujours, l ONU n intervient que si les instances locales font appel e0 elle et e7a a e9te9 le cas. C est aussi simple que e7a. Et il faut beaucoup d hypocrisie et de culot aux de9fenseurs de Gbagbo pour reprocher que l ONU ait donne9 son avis sur le re9sultat de l e9lection alors meame que c est Gbagbo qui l avait sollicite9 pour pouvoir organiser ce scrutin et e9viter le risque de se voir renverse9 ou de voir naeetre une guerre civile. Cela fait d ailleurs 5 ans qu il reportait l e9lection sans cesse, au me9pris de ses engagements devant l ONU et devant la Ce9de9ao.D un autre cf4te9, lawra e9crit : Je pense que c’est e0 la Cedeao de se mettre en avant et si elle l’estime ne9cessaire, de demander l’aide de l’ONU.Vous croyez que les diplomates onusiens et africains aient attendu votre formidable avis e9claire9 ? Re9veillez-vous : c est le cas depuis le de9but !!!Jamais l ONU n a envisage9 d intervention. Elle a fait ce pour quoi Gbagbo l avait sollicite9 (superviser l e9lection et constater le vainqueur c est-e0-dire Ouattara), et c est tout ! L ONU se contente de poursuivre le mandat qu elle a depuis qu elle a e9vite9 e0 Gbagbo de se faire renverser en 2002 : prote9ger les responsables des diffe9rents camps politiques, point barre. Elle est meame particulie8rement gentille avec Gbagbo, vu que le mandat des Casques bleu les autorise e0 ve9rifier l existence de charniers mais qu ils ont pre9fe9re9 ne pas forcer les barrages monte9s par les partisans de Gbagbo chaque fois qu ils essayaient d aller voir autrement dit, les partisans de Gbagbo ne cessent de provoquer l ONU, qui reste de marbre.En revanche, depuis le de9but, tous les acteurs internationaux (y compris l ONU) attendent de la Ce9de9ao qu elle prenne l initiative, et rappellent que c est aux leaders africains de proposer une sortie de crise.Si vous aviez lu quelques journaux, vous sauriez que ce sont justement des pre9sidents de plusieurs pays de la Ce9de9ao (+ le premier ministre Kenyan qui repre9sente l Union africaine) qui agissent, ne9gocient et cherchent une solution.

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