Ivoir' Press | Presse & Portails de la Côte d'Ivoire
Actualités

Ivoir' Press

KRAGBE GNRAGBE

Jean-Bedel Gnabli est avec Mhrg Akoua.

23 décembre 2018 · 

CETTE HISTOIRE N’A RIEN DE XÉNOPHOBE NOTRE BUT EST DE FAIRE CONNAITRE CETTE HISTOIRE RECENTE DE NOTRE PAYS LA CÔTE D’IVOIRE

Né le 5 juillet 1935 à SASSANDRA après ses études primaires et secondaires en c.i il part à DAKAR puis PARIS.

Le 7 mai 1963 il soutient une thèse de doctorat de 3ème cycle (sujet: la politique colonial en C.I).

Étudiant, Kragbé Gnagbé avait beaucoup milité dans les associations et organisations de défense des intérêts des africains. Il pensait que la colonisation n’avait pas disparu dans les états africains.

il disait toujours que le parti unique ne ferait que ralentir le développement de la Cote d’ivoire ; il était donc convaincu qu’il faillait recréer les conditions du multipartisme reconnu par la constitution. Il crée avec quelques amis, un cercle de réflexion pour créer un parti 1966 qui sera le PANA (parti nationaliste) comme l’y autorise l’article 7 de la Constitution Ivoirienne .

Gnagbé se rend en Côte d’Ivoire en 1967 et dépose au Ministère de l’Intérieur les statuts de son parti politique et commence sur le champ, avec des amis, des distributions de tracts dans les quartiers populaires, annonçant la création d’un parti politique dénommé le « Pana » (Parti Nationaliste).

Vu l’engouement populaire pour les discours du leader du PANA, ils se saisissent de lui et l’enferment d’abord à la prison d’Abidjan (Plateau), où il reçoit la visite de Yacé, venu en négociateur de la part de Houphouët pour qu’il intègre le PDCI avec pour récompense un poste ministériel. Avec son refus, le mardi 19 décembre 1967, de 11 heures à 16 heures, le P.D.C.I convoque en une séance élargie à tous les « cadres de la nation pour une assemblée générale, pour statuer sur le cas Gnagbé : à la suite des délibérations, les responsables politiques du P.D.C.I concluent que Gnagbé est « bon pour un asile d’aliénés aux mains de quelques spécialistes en psychiatrie ».

(Voir l’éditorial de Laurent Dona Fologo du Fraternité Matin du 22/12/1967). Gnagbé est enfermé à Bingerville (hôpital psychiatrique). Il est marié à une Française qui s’inquiète auprès des autorités Françaises des conditions de détention de son époux. Le Chargé des affaires africaines, M. René Journiac, fait pression auprès des autorités ivoiriennes.

Gnagbé, dans une lettre au gouvernement français datée du 10/03/1969, informe le Général De Gaulle qu’il a été remis en liberté avec la promesse qu’il sera désormais en sécurité en cote d’ivoire. 3 mois plus tard la police, la gendarmerie ont envahi gaba (son village) ou il se reposait. Le village fut mis à sac. Pour éviter des complications, il a demandé aux villageois de gagner la forêt.

Il écrit au général DE Gaulle que le Président Houphouët avait donné son accord de principe pour la création de son parti mais la police l’avait arrêté et il a été interné à la prison, et qu’actuellement, il dort en forêt, pourchassé par la police sans linge, sans abri et sans repas; et que seul l’intervention du Président Français peut lui apporter la tranquillité et la sécurité. Et pour clore, il ajoute:

<Je m’étonne que le Président Houphouët que nous admirons pour sa prise de position contre le génocide Biafrais, prépare le lit à un homicide d’une horreur ineffable ».

Les pressions qui s’ensuivirent obligeront le gouvernement ivoirien à un début de prise de contact avec Gnagbé. Le préfet de Gagnoa à l’époque, Léon Konan Koffi, dans une lettre confidentielle confirme une fois de plus, la garantie de la sécurité de Gnagbé en plus de sa liberté. Précisant d’autre part que le Chef de l’Etat lui accorde son pardon quant à son passé, et lui ouvre les portes de son adhésion au P.D.C.I .

« Je ne saurai insister sur le fait que M. le Ministre tient à vous rencontrer le plus tôt qu’il sera possible afin d’examiner avec vous la question de votre emploi et apporter une solution aux difficultés matérielles soulevées par votre situation présente. »

A partir de ce moment, la situation devient assez tendue.

Gnagbé outré par le refus du P.D.C.I de reconnaître son parti, lance un appel à la Côte d’Ivoire profonde intitulé:

Appel Aux Tributs d’Eburnie

» Abbeys, Abidjis, Abourés, Abrons, Adjoukrous, Agnis, Allandians, Appolos, Attiés, Baoulés, Bakoués, Bétés, Briands, Didas, Guébiés, Gnabouas, Guérés, Godiés, Gbodoukés, Gouros, Gagous, Kognouas (Fresco), Korobou, kroumen, Kodias, Lobis, M’Gbattos, Malinkés, Néyos, Sénoufos, Wobés, Yacoubas, Gbesses… »

les divers intellectuels qui l’avaient rejoint,il forme au début de l’année 1970, un gouvernement provisoire de la République d’Eburnie.

il propose la réforme complète des forces armées et de sécurité; la promotion des valeurs et des capacités au lieu de la promotion ethnique, et il exige des représentants du peuple élus par région et non pas nommés. Une liste est formée pour les candidatures aux élections, car cette année 1970 était une année électorale.

le bureau politique du PDCI dresse encore la liste nominative des cent députés représentant les diverses régions de la Côte d’Ivoire et annonce à la fin qu’il mettra un point final aux menées subversives. Gnagbé et le gouvernement provisoire sortent un tract dans lequel on lit:

« Qu’une élection nécessite des candidatures et que, constitutionnellement le gouvernement en place est démissionnaire jusqu’à ce que le renouvellement de son mandat soit confirmé par l’électorat; et que si Houphouët est l’ami de la France, il faut qu’il applique la démocratie à la Française ou les partis ont le droit de discuter le pouvoir ».

les partisans du PANA informé de cette listes décident de croiser les autorités pour plus d’éclaircissement.

les chefs traditionnels et les notables prennent rendez-vous avec Leon Konan Koffi pour le 26 octobre 1970 à 9 heures à la préfecture de Gagnoa.

Le lendemain une délégation de notables vont au rendez-vous de Léon Konan Koffi et apprend avec stupeur que le préfet est sous la protection des gendarmes, stationnés à la gendarmerie de Gagnoa; la délégation prend donc le chemin de la gendarmerie; et là un gendarme armé dit à la délégation que le préfet ne veut recevoir personne; conseille à la délégation de déguerpir.

10h15 mn Comme le porte-parole insiste, le gendarme fait feu simultanément avec avec les deux pistolets qu’il tenait dans ses mains. 13 hommes sont atteints et tombent.

Le gendarme déclare par la suite que l’ordre avait été donné par le préfet de tirer sur quiconque tenterait de pénétrer dans l’enceinte de la gendarmerie, car la démarche de la délégation était considérée comme une marche de protestation contre le gouvernement du P.D.C.I.

Ce même soir toutes les communautés se mettent en marche vers Gagnoa.

On fait appel à l’armée.

Le colonel Koffi Sam qui commande le bataillon de Daloa, à une centaine de kilomètres de Gagnoa, mais Houphouët le juge trop « philosophique »: donc on fera appel au colonel Oulaï qui envoie des troupes de Bouaké, tandis que l’armée française du quatrième R.I.A.O.M. de Port-Bouët (actuel 43 ème bima) est en alerte: la descente se fait en quelques heures.

Dès son arrivée, le colonel Oulaï ordonne de tirer. Les populations traquées se battent avec de vieux fusils de chasse et des flèches. Soudain, coup de théâtre: l’armée se divise; des soldats s’insurgent et prennent le parti des gens du PANA.

l’émeute gagne l’intérieur de la région, la résistance s’étend. Oulaï demande des renforts; deux cents parachutistes français du troisième R.I.A.O.M. de Dakar coupent les routes sur les frontières de la Guinée-Conakry et aussi du Libéria qui pouvaient prêter main forte aux insurgés, ainsi que celle d’Abidjan, Bouaflé et Daloa car la population de ces localités manifestent leur solidarité avec leurs frères.

la gendarmerie nationale vient en renfort avec à sa tête le colonel Ouasséna Koné au sein de laquelle un certain Bakayoko, gendarme de son état, prit soin d’achever tous les blessés du côté des insurgés admis à l’hôpital de Gagnoa.

Pendant deux semaines, des Ivoiriens seront massacrés: enfants, femmes, vieillards. Une violence extrême touche l’un après l’autre Grand-Lahou, Sassandra, Daloa, Guibéroua, Ouragahio, Soubré, Oumé: en tout, plus de 6000 morts (4000 d’après Houphouët lui-même) dont 23 militaires, 2 sous-officiers français.

5 villages ont été brûlés puis rasés. Ce sont les villages de Kapatro, Gagnoa, Barouyo, Afridougnoa, Tchedjro-Babré et Gaba le village du laeder des insurgés.

Après le massacre, le ratissage et la pacification: 5 fosses communes furent creusées à la lisière chaque village. Les services des travaux publics envoyèrent des catérpillares entre le 28 octobre et le 4 novembre. On commença à enterrer les corps en décomposition.

Mais qu’est devenu Kragbé Gnagbé?

Au cours des événements, il a été arrêté, ligoté, embarqué dans un camion et exhibé dans toute la région de Gagnoa.

Dans chaque village, les chefs militaires, Oulaï et Gaston Ouasséna invitaient la population à lui cracher dessus, à le maudire pour avoir provoqué la guerre dans cette région, après quoi, Ouasséna dit avoir reçu l’ordre de conduire Gnangbé à la prison de Dimbokro.

En chemin, il lui tire une balle dans la tête (selon des témoins directs) entre Toumodi et Dimbokro.

A la suite de cela, il fut nommé général de la gendarmerie nationale et ministre de la sécurité intérieure.

Cette histoire à l’époque présentée dans le quotidien « le Monde » en un bref article article parlant comme d’un simple affrontement tribal en Côte-d’Ivoire.

cette histoires est quasi inconnue de l’opinion internationale et même des Ivoiriens, en dehors des rumeurs véhiculées par les agents du P.D.C.I. parlant d’affrontements entre les Bété et les Baoulé sur des questions foncières alors que dans le gouvernement provisoire de Gnagbé, il y avait des Baoulé qui, eux ne furent pas massacrés par les militaires.

repose en paix kragbé gnangbé .


NB: cette histoire n’a rien de xénophobe et est apolitique,vos commentaires peuvent changés sont sens et elle sera supprimé par ceux qui dirige ce groupe.le but est de faire connaitre cette histoire (de bété) à ceux qui ne la connaisse pas ou l’avait mal reçu.

(extrait des dire de Augustin KRASSO ,de Gadji Dago Joseph,Gnadja Gnahoua Robert (frère aîné de Kragbé Gnagbé) et du journal le temps)juste un peu de chaque coté.296 commentaires1 442 partages

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir d'Autres Sujets : Actualités

Vous aussi, proposez-nous vos reportages photos, vidéos & écries et vous ferez peut-être la une

Envoyez tout cela à Ivoir' Press qui se chargera de la diffusion.

Mail : press@hgoah.org

          contact@ivoirpress.net

Ivoir' Press

Suivez-nous sur Facebook

Copyright © 2015 Ivoir' Press. Tous droits Réservés